[Jun X Timo] Pour un lotus

 [Jun X Timo] Pour un lotus



Pour un lotus

Je marche dans les rues de Paris. Tête haute. Je m'appelle Jun et je suis japonais. Je suis grand, mince, noiraud. Je suis venu travailler à Paris pour apprendre le Français, il y a maintenant plus d'une année et demie. Je ne suis pas de retour au Japon. Paris est une ville faite pour moi. Je cherchais un travail de simple commerçant ou de guide pour japonais. Ça pouvait être sympa. Mais après quelques jours en tant que guide :

Flash-back :

Et encore ce médiocre bâtiment immonde que je présente pour la 6e fois depuis ce matin. Dites-moi, pourquoi tout le monde vient voir la tour Montparnasse quand ils passent à Paris. Tas d'immondices dans un quartier tout aussi laid.

Mais les touristes aiment ce bâtiment, célèbre pour les nombreux films tournés dans les couloirs de cette tour. J'explique avec un certain éc½urement l'histoire de la tour. Puis lorsque je me retourne, levant mon parapluie pour qu'il puisse le suivrent, un homme habillé d'un complet gris et d'une chemise blanche s'approche de moi.

« Jun, c'est ça ? »
« Oui, qu'est ce que je peux faire pour vous ? »
« Je fais partie d'une agence de mannequinat et je souhaiterais vous revoir ! »
« Me revoir ? »
« Oui, nous pourrions travailler ensemble ! »
« En tant que guide »
demande-je naïvement.

Et d'un regard méprisant, il me répond en me lançant un regard de la tête au pied, s'arrêtant sur mes hanches et sur mon torse :

« Bien mieux que ça ! »

Il me tend une petite carte et me dit :

« Appelez-moi ce soir quand vous finissez vos visites ! »
« Mais, ma dernière est à 00h00 ! »
« Pour moi, il y n'a pas de problème, mais serez-vous un peu fatigué »
me dit-il sur un ton de défi.

Il tourne les talons et repart comme il était venu. J'ai rarement entendu dire que des gens du mannequinat recrutaient en plein rue. Mais la curiosité me pousse à l'appeler en fin de journée.

On se donne rendez-vous le lendemain dans un des restaurants les plus chics de Paris, « il payera » m'a-t-il dit avant de raccrocher. Je reste assis sur le banc devant la tour Eiffel à réfléchir à ce téléphone.

Il est 19h00, le lendemain de ce coup de téléphone, j'ai demandé d'arrêter les visites aujourd'hui plus tôt. Je rentre de mon rendez-vous avec M. Dupuis, l'homme qui m'a abordé dans la rue. J'ai un contrat de deux ans pour cette agence. Je gagne plus de 8'000 ¤ par mois et il m'a même averti que si ça marchait bien pour moi, ça doublerait en moins d'une année.

Enfin, je commence mon boulot samedi et. Je poserais pour Calvin Klein. Quand je lui demande pourquoi il a besoin d'un asiatique, il me regarde à nouveau avec son air méprisant et a répondu : « buisness » et a continué de parler de mon nouveau job ! Il m'a averti que ça ne serait pas toujours facile, mais que vu mon physique, le régime ne serait pas nécessaire. Ça m'a fait rire et lorsque je me suis arrêté, il m'a affirmé :

« Je ne suis pas sûr que ça soit drôle ! »

Fin Flash-back.

P.O.V. Timo :

Je me balade dans la rue, un type fait toutes les affiches et je dois l'avouer, il n'est pas moche du tout...
Grand, brun asiatique, androgyne mais... Il embrasse un mec sur l'affiche, j'avoue que ça ne me plait pas tant que ça finalement... Une jalousie incomparable pour un inconnu !!
Pourquoi eux ils s'affichent et ne se font pas juger ?! Pourquoi mon père est-il homophobe ?! Pourquoi ma mère est dépendante de lui ?!
Je suis dépendant de mon "travail", fleuriste --', dans un sens c'est bien j'ai la paix, mais je peux pas mater.. Bah oui, vous avez vu des mecs chez le fleuriste vous ?? Bah moi je peux vous dire que c'est rare...
Je suis en pause, je me balade dans Paris, c'est vraiment beau dans les jardins...
Être fleuriste, ça ne vous change pas, au contraire !
Je continue mes études de droit, mais personne ne me les payes --' avec des parents homophobe il faut bien se débrouiller..
Des parents s'activent avec leurs enfants, il est 13h30 et ils doivent reprendre l'école, une famille à priori parfaite mais sans montrer ses défauts.
Il y a aussi des couples qui se tiennent la main, qui rient, qui s'embrassent... Pourquoi moi j'n'ai pas le droit à l'amour ?! Pourquoi moi quand je trouve quelqu'un, il est déjà pris ?! Pourquoi moi je suis gay et eux hétéro?!
Je réfléchis à ça et me dit qu'après je ne dois pas être tout seul et qu'il y a pire que moi...
Mais pourquoi fais-je partis de ceux qui ont des parents homophobes ?!
Après tout... peut-être que je me débrouille mieux sans eux !!

«Attention jeune homme !!»

Je me retourne et vois une femme avec un sac de course plein, je lui prends un des sacs et lui propose mon aide qu'elle ne refuse pas...
Elle doit avoir 25ans, elle est brune, les cheveux lisses et plats, à des yeux vert émeraude et est habillée d'un jean slim noir et d'un T-shirt moulant vert pomme.
Nous arrivons devant un bâtiment assez haut, elle rentre une clé me remercie d'un sourire reprend son sac et me dit au revoir avec un grand sourire.
Il y a des gens bizarres, plutôt normaux dirait-on, mais aujourd'hui, ce qui est normal est un jugement homophobe, raciste et si nous ne le sommes pas nous sommes différents...
La tolérance ne fait pas partie de la moitié des gens, pourquoi tant de haine ?! Je me pose beaucoup de question, mais aucunes n'a de réponses !!

Je retourne au magasin et vois de nombreuses voitures aller en direction de la tour Eiffel, nous ne sommes pas en période de vacance ?!
Pourquoi tant de monde s'affole à y aller ??
De toute façon, je l'ai visitée tant de fois, je ne vais pas recommencer et ma pause est finie !!
Je vais retourner dans ce monde fleuri de toutes les couleurs, j'ai intérêt à activer, j'ai une livraison de rose dans 2 heures ...
J'ai demandé une fleur spécial pour moi, parce qu'elle est symbolique, parce qu'elle me plait.
J'ai demandé au livreur de m'apporter une rose noire s'il pouvait, il m'a dit qu'il n'y avait aucun problème.
Cette fleur est magnifique, on dirait peut-être que je suis romantique et un tantinet féminin mais non. C'est une fleur qui me plait autant en dessin qu'en vrai.
Elle est mystérieuse et garde toute sa beauté, indescriptible c'est tout.

Un homme rode autour de la place, il a l'air stresser, j'ai l'impression de l'avoir déjà-vu..
Qui est-ce ?!

P.O.V. Jun :

Je cherche un fleuriste depuis au moins dix minutes. Ils se sont ligués contre moi. Pourquoi AUJOUR'HUI, j'en trouve pas ? Expliquez-moi le pourquoi du comment !!! Le jour où j'ai un rendez-vous, bien sur, je trouve pas de marchant. Ah, je vois une inscription : « fleur » là-bas ! Je m'approche et... « Fermé » Je pousse un hurlement de désespoir. Une femme qui passe me dévisage. Je détache mon gilet gris Dior – eh oui, je peux me le permettre – et le retire. Je le fourre dans mon sac – aussi Dior. Il me reste donc que ma chemise argentée entrouverte. Je me remets en marche en direction de la tour Eiffel, ou j'ai rendez-vous. J'espère trouver un fleuriste, dans une ruelle, dans laquelle se trouvent plusieurs boutiques chics avec Jun – moi-même – en affichage.


Flash-Back :

« Merci Johnatan, pause ! Jun, à toi ! »

Je me lève, à torse nu, de mon fauteuil – très confortable, ma foi – et m'avance vers l'endroit de la pièce où tout est blanc. Je m'assois simplement sur le cube au milieu de cette partie. Mais le photographe me dit toute suite :

« Johnatan, reviens ! »

Je me relève et pour laisser la place à Johnatan, mannequin professionnel, mais seulement d'une vingtaine d'année, je me dirige vers mon fauteuil.

« Jun, toi, tu reste là ! C'est ta première fois, n'est-ce pas ? »

Je hoche simplement la tête.

« C'est parfait, j'ai besoin d'une photo à deux mannequins masculins. Tu iras très bien avec Johnatan. »

Johnathan est un homme d'une beauté rassurante, des yeux mystérieusement attirants et une bouche d'une provocation peu commune pour les hommes. On se regarde, son regard froid, se change rapidement en un regard plein d'envie et de désir.

« Parfait John, ton regard ! »

Je tourne la tête vers Johnatan et il m'embrasse subitement. J'ouvre des yeux énormes et quand le photographe commence ses photos, je me rends compte que c'est le but de mes premières photos. Je ferme les yeux et essaye de me procurer le plus de plaisir et de le faire passé sur la photo. Il entrouvre la bouche et je comprends l'invitation. Je commence une entrée en douceur dans sa bouche. Il passe ses mains dans mon dos et moi, en essayant de paraître naturel, je pose les miennes sur ses hanches aussi nues que les miennes. Je sens ses mains arrivées à mon entrejambe. Je me raidis légèrement et le photographe nous coupe :

« Jooohn ! On ne fait pas de photos pour un journal gay aujourd'hui ! STOP ! »

Il retire sa bouche et regarde le photographe :
« Et alors ? »
« Reprenez, sans aller plus loin ! »


Fin du Flash-Back :

Je déambule toujours dans Paris. Le soleil ne brille plus, caché par les immeubles m'entourant. C'est triste que du gris. Partout. Après avoir marché encore plusieurs minutes, je trouve ENFIN un magasin ouvert. Sur la porte d'entrée, il est marqué : « Ouvert tous les jours ». J'essaye d'ouvrir, mais la porte est fermée à clé. Ouvert tous les jours... Mon cul oui ?! Mais en regardant mieux l'affichette de la porte, au-dessous, il est marqué, « De retour dans une minute ». Mon jour de chance... Je me retourne et vois un banc de l'autre côté de la rue. Je vais m'y asseoir en attendant que quelqu'un veuille bien ouvrir cette porte. J'attends encore une dizaine de minutes. Puis, un jeune homme ressemblant étrangement à Johnatan arrive.

P.O.V. Timo :

Un homme rode autour de la place , il a l'air stressé, j'ai l'impression de l'avoir déjà-vu..
Qui est-ce ?!

Il est devant le fleuriste et semble impatient... Je sens que je vais encore m'en prendre plein la tête moi.
Il me regarde comme dans le vague, j'ai une tache sur le visage ?!
Je lui passe devant et ouvre la porte, il rentre à l'intérieur après un temps de réflexion de quelques millisecondes...
Je lui fais un grand sourire qu'il se force à me rendre, bah dans ses cas là ne répond pas hein, te gâche pas la figure avec ce "sourire" !!
Je me dirige derrière le comptoir et regarde dans la vitre qui pour l'instant présent me sert de miroir.
Je n'ai rien sur le visage. O_o Pourquoi il me regardait comme ça alors ?!
Il arrive vers moi, avec une tête gênée...

«Euh un lotus, vous avez ?»
«Oui mais c'est cher vous savez...»
«Je peux me le permettre et ça me rappellera chez moi ^^»
«D'acco...»


Je ne peux finir ma phrase un klaxon provenant de derrière me coupe.

«Une livraison de roses, euuh...vous restez en magasin où vous me suivez, libre à vous de choisir ?»
«Je vous suis ^^»


Il me suit et je vois le livreur sortir de sa camionnette un petit bouquet caché dans les mains, il me le tend, je le prends et l'ouvre discrètement. C'est ma rose, la rose noire, j'ouvre un peu plus et en voit une deuxième O_o

«Mais... mais il y en a deux O_o»
«Oui je sais ^^»


Je prend les deux et les regarde, peut-être me prendra-t-on pour un fou.
Ces fleurs sont magnifiques et m'intriguent, je n'y peux rien.

Le livreur a pris les caisses de roses et les dépose dans l'arrière-boutique.
Le client me suis et je déballe les caisses.

«Euh excusez-moi votre lotus est pressé ? »
«Non pas énormément, prenez votre temps ^^'»
«D'accord.»


Je prends les roses un par une et les disposes dans les seaux.
Le client me regarde avec attention, enfin me regarde --'
C'est une façon de parler...
Mon cul à l'air de le passionner beaucoup O_o.

Il me rappelle quelqu'un, du déjà-vu..
Vous connaissez cette sensation d'avoir déjà-vu quelque chose, ou quelqu'un ?
C'est exactement ce que je ressens, je ne sais pas ou du moins plus où je l'ai vu.
Il a des trais fin, un visage d'ange, il est asiatique, grand et mince. Il porte des vêtements de marque et pas les plus données... Je ne sais plus où je l'ai vu, ce visage doux, ce visage d'ange, son visage...

«Euuh, vous vous appelez ??»
«Tutoies-moi --' on dirait que j'ai la cinquantaine..»


J'esquisse un sourire et attend la réponse à ma question

«Jun et toi ?»
« Timo ^^»
«Ok =)»

Les caisses sont rangées, les seaux sont disposés dans les rayons, je vais servir son lotus à Monsieur Jun =)
Nous nous dirigeons vers le magasin, mais je prends les pieds dans quelque chose et manque de m'écrouler en arrière. Jun me rattrape et me remet debout, il a les mains douces...

P.O.V. Jun :

Oula, il a eu du bol, le petit. Sans moi, il serait tombé !!! À part ça, Timo est vraiment sexy. Je suis vraiment attiré.

Flash-Back :

« Ton maquillage est parfait, Johnatan, toi et Jun vont pouvoir monter sur le podium !!! Deux par deux, je vous le rappelle ! »

Je me regarde une dernière fois dans le miroir ! C'est bien moi, Jun, 19 ans, célibataire et étranger. Mais je ne me reconnais pas. Moi qui, il y a environ six moi étais devant la tour Montparnasse a présenté des bâtiments pourris, maintenant, je suis là, dans cette immense loge à attendre mon tour pour passé sur le podium en compagnie de Johnatan. Il est toujours été là depuis mon arrivée. Son attitude absente envers moi m'attire comme me dérange.

Je ferme les yeux pour encrer mon visage dans ma mémoire. Mes yeux sont très maquillés avec du khôl, mes lèvres ont été légèrement retouchées avec un rouge à lèvre presque de la même couleur que mes lèvres. Les coiffeurs m'ont mis un peu de gel dans mes cheveux raides d'asiatique. Je suis encore plus androgyne que ce que je suis d'habitude.

Je rouvre les yeux, derrière moi, John me regarde d'un air approbateur. Je prends ce regard pour un « c'est vrai que t'es très attirant comme ça Jun ! » Mais je crois que c'est surtout ce que je voudrais qu'il me dise. Je me retourne et j'entends quelqu'un crier depuis le couloir pour le podium :

« JUN, JOHNATHAN, dans 30 secondes. »


Je me dirige vers ce podium avec Johnatan. Son regard a déjà changé. Désir et envie y prennent place. C'est son moyen de séduire. Et ça m'a aussi séduit !

C'est à nous. Je retiens mon souffle, refais dans ma tête les mouvements de bassins que je dois faire tout du long pour que ma marche soit impeccable ! John, se lance avant moi. Je le suis de près. Mais pas trop pour ne pas être dans son ombre qui est très grande, vu son charisme. Je finis mon allé vers les photographes. Le crépitement des appareils photos me donne presque la chair de poule. Mais c'est pas le moment de faiblir. On est presque à la fin de notre « tour ». FINI !

On marche le long du couloir pour revenir à notre loge commune. On passe devant la loge de maquillage coiffage, on nous félicite tout du long. Les gens sont enchantés de nous. On arrive enfin dans notre loge. John me laisse entrer avant moi. Il referme la porte sur moi et me dit du ton le plus doux qu'il puisse – pour quelqu'un d'autre, je vous aurais dit qu'il était méprisant, mais venant de lui... :

« Magnifique, Jun, t'as simplement été magnifique. »

Je lui réponds par un petit sourire de coin. Il s'approche de moi lorsque je me retourne pour aller m'asseoir. Et je vois à travers le miroir devant moi, qu'il s'approche de moi, sourire sincère aux lèvres - pour une des premières fois depuis qu'on se connaît. Il se colle à moi et me dit :

« Faut dire que tu es toujours absolument magnifique. »

J'avale ma salive difficilement. Il entoure mes hanches de ses bras et me fait quelques bisous sur l'épaule. Je le laisse faire tout en le regardant dans le miroir, Il remarque que je l'observe. Relève la tête, me retourne, repasse derrière moi, et me dit doucement :

« Laisse-toi faire ! » et dans un murmure presque inaudible, « Ferme les yeux et détends toi ! Je ne te veux aucun mal... »

Je ferme alors mes yeux et me détends petit à petit sous ses baisers qui se sont redémarrés sur mon épaule. Puis ils montent dans mon cou, me laissant deviner où ils finiront. Ses mains s'affairent à me détacher la chemise noire que je porte. Lorsqu'il l'a enlevé. Il se détache de moi. J'ouvre les yeux pour voir où il est passé. Mais il est déjà en face de moi. Il s'approche de moi :

« Chuuuut ! » articule-il en me refermant les yeux de ses long doigts fins.

Je ne les laisse pas fermer longtemps et ouvre la bouche pour parler, mais sans que je ne puisse négocier quoique ce soit, il s'empare déjà de mes lèvres. Il commence un léger baiser et se retire. Mécontent, je rouvre les yeux, mais il s'exprime avant moi :

« Pour personne d'autre, pas pour le photographe, ni pour l'agence. Seulement pour toi ! »

Je voudrais répliquer, mais il reprend mes lèvres et commence à entrouvrir la bouche me laissant choisir si oui ou non je veux y entrer. Je souhaite tout d'abord lui parler. Je me retire et ouvre encore une fois, la bouche pour m'exprimer. Mais lui, plus rapide que moi :

« J'ai compris, désolé. »

Ses yeux redeviennent aussi durs et méprisants qu'avant. Quand je pourrais enfin aligner deux mots, je ne le fais pas et renoue le lien de nos lèvres. D'abord surpris, il ouvre ensuite la bouche, cette fois, sans réfléchir, je m'infiltre en lui sans discuter. Notre baiser devient de plus en plus intimidant. Je m'arrête en douceur et lui dit :

« Je peux parler maintenant ?! »
« Non, pas avant qu'on ait fini ! »
« Fini quoi ? »
« Notre repas de famille peut-être ! »
« ... »
« Notre baiser, banane... »
« Il n'est pas fini ? »
« Alors peut-être plus qu'un simple baiser ! »


J'en n'attendais pas plus comme réponse et fonce sur lui en ouvrant mes bras. On s'écroule sur le canapé installé sur le bord de la loge. Je suis à califourchon sur lui. Il ouvre les yeux, se dégage vivement de mes lèvres et me dit :

« C'est plus de l'envie, c'est... »

Il ne finit pas sa phrase, nous retourne et se met à me suçoter le lobe de l'oreille.

« C'est quoi ? »
« Aucune importance, pourvu que je puisse continuer ce que j'ai enfin pu commencer ! »


Il recommence à lécher mon oreille et commence en même temps à m'ouvrir mon jean taillé pour moi sur-mesure. Il a l'air de savoir s'y prendre. Après l'avoir ouvert, il le fait descendre lentement le long de mes cuisses. Il promène ses doigts sur mon ventre. Je tourne la tête pour parler :

« Quoi encore, Jun ! Je ne peux pas être au calme pour te faire l'amour ? »
« Faudrait juste... » Je réalise ce qu'il vient de dire. « ME FAIRE L'AMOUR ? »
« Bah, oui, les hommes qui s'aiment se font l'amour en général ! »
« Qui s'aiment ? »
« 'Kay...J'arrête, j'ai compris ! »


Il se relève, me laissant en plan.

« John, attends, écoute-moi ! »
« Quoi ? » me dit-il d'un ton orgueilleux tout en se retournant à nouveau vers moi.
« J'ai jamais dit que tu devais t'arrêter! Seulement, j'ai été surpris par ta spontanéité. Mais, faudrait juste que tu... »
« Quoi ? Que je mette un préservatif ? »
« LAISSE-MOI FINIR ! »
« Désolé ! »
« Que tu ailles fermer la porte à clé ! »


Il se met à rire et se dirige en direction de la porte. Il l'ouvre. Et crie dehors :

« QUE PERSONNE N'ESSAYE PAS DE RENTRER, OU IL VA ETRE CHOQUE! »

Il pénètre à nouveau dans la pièce et ferme la porte. Je suis rouge tellement j'ai honte de ce qu'il vient de faire.

« Alors, content ? » me demande-t-il en se baissant sur moi.

Dans un coup d'expert, il baisse mon boxer et me souffle sur mon sexe. Je retiens un gémissement. En l'entendant, il donne un petit coup de langue sur celui-ci. Il me prend « enfin » en bouche. Et commence une série de vas-et-viens. Je me laisse aller à gémir de bonheur. Il accélère la cadence et plus ses accoups se font rapides plus je me sens près de la délivrance. Il me finit très rapidement, et dans un tour de passe-passe, je lui retire à lui aussi son jean et son boxer. Lui, pendant ce temps, s'affaire à ouvrir sa chemise. Après notre occupation d'ouverture terminée, je peux toute suite, voir son état, il bande comme un malade. Il me dit sensuellement :

« Tu te sens prêt ? »
« Hum...Hum ! »
« Assis, coucher ou... »
« Jooooohn, putain, je m'en fous, sois plus romantique et prends-moi bordel, je ne vais pas attendre encore des heures que tu saches comment tu vas me faire l'amour ou bien ?! »
« Désolé ! »


Il me retourne aussi vite que ce qui est possible de la main d'un homme. Se couche sur moi dans une douceur qui lui ressemble et se positionne sur moi. Enfin je crois. J'attends toujours. Qu'est ce qu'il fout ?
Je tourne la tête à m'en démettre la nuque et vois qu'il est entrain de mettre une capote. Il me regarde et me souris :

« T'en fais pas, je me dépêche ! »


Je me recouche confortablement, et plus vite qu'il en faut pour dire ouf, je sens quelques choses s'enfoncé en moi. Je ne réagis pas comme je voudrais et crie :

« Aiiiiie, tu me fous quoi là ? »
« Ehhhhh, calme-toi, fais-moi confiance, détends-toi ! »


Je sens que cet « intru » est seulement son index. Il le laisse sans bouger pendant plusieurs minutes et après que je m'y suis habitué en mets un deuxième. Je ne sens même pas la différence. Il en rajoute un troisième. Quand il voit que je ne bronche pas. Il les retire et se replace une ultime fois sur moi puis s'engage légèrement en moi. Ça par contre, ça me fait mal...Je gémis de douleur et il commence à me caresser le corps et m'embrasser les omoplates. Ses caresses deviennent de plus en plus lentes et romantiques. Mon mal se calme avec elles. Il s'enfonce encore un peu en moi. Cette fois, je supporte et lui souffle :

« Vas-y... »

Il me laisse décider et s'enfonce entièrement en moi. Lorsqu'il est arrivé au fond, il reste ainsi quelques secondes et repart en sens inverse dans un soupir de bien être. Il ne se retient plus, il revient et repart de plus en plus fort, m'arrachant de plus en plus souvent des gémissements intenses. Je sens son regard sur mon dos et sur mon tatouage en forme de serpent sur ma nuque. Il se baisse et me l'embrasse avant de se glisser une dernière fois en moi. Il se déverse en moi dans un cri de délivrance pour lui et un gémissement de pur bonheur pour moi. Il se retire quelque temps après. J'apprécie ses derniers instants en moi. Lorsqu'il se retire, je me retourne sous lui et il se couche sur moi à nouveau. Après avoir retirer son préservatif. Je le remercie en lui offrant le baiser le plus tendre et frais que je n'ai jamais fait. Il niche sa tête dans mon cou et se laisse aller au sommeil pendant que je réalise que l'homme qui m'attire depuis notre première rencontre, vient de me faire l'amour comme on me l'avait jamais fait ! Je tourne ma tête en regarde notre loge, je remarque seulement maintenant les traces de son amour pour moi.

-C½ur en plastique qu'il a collé contre mon miroir lorsqu'on a commencé les défilés ici, il y a cinq jours. « Ils ne sont pas beaux mes c½urs ?!? » m'avait-il dit lorsque je suis rentré dans la loge.
-Le bouquet de rose qu'il a posé en arrivant ici, sans me donner d'explications. « D'une admiratrice » m'étais-je dit.
-Sa lecture du moment : Roméo et Juliette.
-Son nouveau pull, I <3 You, qu'il a acheté avec moi.
-...

Je m'imagine seulement maintenant ce que représentait le paquet de capotes qu'il laissait dépassé de son manteau.

Fin du Flash-Back :

Pourquoi je pense à ça moi maintenant ? John, John, John, quand vas-tu revenir de Singapour?
John est plus là, il est à Singapour, il faut que j'arrête de penser à lui et je continue de vivre. Avec ou sans lui ! En ce moment, ça à l'aire d'être, sans lui.

P.O.V Timo :

Je me retourne et le regarde dans les yeux, ils sont magnifiques..
Je ne veux pas détacher mes yeux des siens, je me rapproche petit à petit
Il le voit, mais ne bronche pas.
Je colle nos lèvres et un frisson parcours mon corps agréablement. J'essaye de me décoller, confus de mon geste, mais il positionne ses mains dans ma nuque de façon à faire durer le baiser.
Je le pousse contre la vitre, et l'embrasse langoureusement, nos langues se mêlent et se démêlent à n'en plus finir.
Ses jambes se frottent contre les miennes, rendant mon boxer largement trop petit pour l'heure.
Je descends mes mains sur ses fesses et les caresse, mes mains approchent du bord de sa ceinture et la défont, son pantalon tombe presque immédiatement.
Je caresse ses cuisses et lui m'embrasse me lèche et me mord le cou, c'est pas spécialement sentimental...J'aime ça.
Ses mains sont dans les poches arrière de mon baggy qui, lui, descend rapidement jusqu'à mes chevilles, nous sommes en boxer et T-shirt... Je ne sais pas si ce que l'on fait est bien, mais je ne reviendrais en arrière pour rien au monde...
Mes mains vont se loger sur ses hanches et soulèvent son T-shirt me laissant découvrir son torse musclé.
Son T-shirt et complètement ôté, il s'attarde sur le mien et nous voilà tous les deux en boxer.
Mes chaussures et les siennes ont rejoint le coin de la pièce depuis un petit moment.

Il revient prendre ma bouche et en quémande l'entrée, je lui accorde et ma main est sur son boxer, frôlant son sexe à travers ce fin tissu, ce vêtement qui est bien trop petit pour ce qu'il contient.
Je l'ôte d'un vif mouvement et je perçois un gémissement contre ma bouche.
Je n'ai pas le temps d'analyser que mon boxer a rejoint le sol, je descends et mon visage est au niveau de sa verge.
Elle est tendue et il gémit de frustration, je donne un vif coup de langue sur le gland et attend la réaction, il est rouge et la sueur perle sur son front, il prend ma tête entre ses mains et me fait le prendre en bouche rapidement.
Il sursaute à cette intention procurée en quelque sorte par lui-même, il a les yeux clos et la bouche entrouverte, tout simplement envoûtante... sexy...
Je continue mon mouvement et mords parfois son gland, il gémit à chaque entrée de son membre dans ma bouche, c'est terriblement excitant...
Il éjacule dans ma bouche, j'avale rapidement et revient l'embrasser, mes lèvres ont encore un peu de sa semence, il les lèche et me pousse brusquement sur la table où je coupe les tiges, en espérant qu'il n'y est pas d'épines é__è

Il s'approche de moi, se colle comme s'il ne voulait faire qu'un, et je crois que c'est ce qu'il désire, ne faire qu'un avec moi...
Je suis son sextoy... et autant le dire, ça ne me déplait pas =S
Il écarte mes jambes et se faufile entre, je sens son membre durci contre ma cuisse et ai un hoquet de surprise, encore O_O..
Il me regarde avec amusement et vient suçoter mon lobe, mon pouls s'accélère, je sens l'envie monter, ma fierté déjà au garde à vous depuis un moment ne cesse de croître dans son excitation.
Il descend sa bouche vers ma mâchoire et y dépose de doux et microscopiques baisers, je gémis d'impatience face à ces intentions.
Il se rapproche encore et je sens son membre contre le mien, je soupire d'aise et attends ce qui va suivre...
Il m'allonge délicatement et commence à entrer en moi, je ferme les yeux et me crispe un peu de douleur, il me regarde et se stop, il a peur, je le vois...

«Va... vas-y !!»
«Sur ?!»


Je ne réponds pas et passe mes jambes de chaque côté de son corps, je l'encercle et le fait me pénétrer violemment, je me crispe et lui aussi.
C'est un plaisir inouit, inexplicable et inimitable...
Ses vas et vients accélère au fur et a mesure, de nombreuses gouttes perlent de nos fronts, nous avons chaud, mais peu importe, nous prenons du plaisir !!
Il accélère, ça en devient bestial, ses coups de reins sont violents sans aucune douceur, mais sa me procure du bien, il fait un énième coup et atteint ma prostate dans un cri rauque, je sens un liquide coulé en moi... Il continue ses vas et vients et j'arrive à l'orgasme moi aussi, il se retire et je m'assois face à lui, toujours mes jambes encerclant sa taille, je l'attire et l'embrasse du bout des lèvres, il me regarde des étoiles dans les yeux...

«Merci *-*»
«Il n'y a pas de quoi ^^'»


Je lui fais un bisou et me relève...

P.O.V. Jun:

Wouaw, magnifique. Je ne sais pas si j'ai vraiment réfléchi avant de passer à l'action. Mais, cette fois, mon absence ma valu un tel bonheur que je n'ai pas à me plaindre!
Je me retourne et retourne vers le lieu ou nos habits se sont rassemblés comme par enchantement.

"Timo, tu me fais extrêmement penser à quelqu'un."
"Oui, moi aussi, tu me fais penser à quelqu'un, mais qui..."
"Moi, je sais à qui tu ressembles."
"ah ouais?"
me demande-t-il en rattachant son pantalon.
"..."
"Okay, j'ai compris, point sensible."
"Ouais..."


Il vient m'embrasser sur le coin de la bouche.

"Que je ressemble à ton chien ou à ta grand-mère, je te remercie pour ce moment."


À ce moment, un client rentre dans la boutique et un ding dong retentit dans la pièce.

"Tu m'attends là? J'en ai pour cinq minutes!"
"Okay, je t'attends!"


Il sort de la pièce et j'entends la discussion entre lui et une certaine Véronique qu'il connaît bien apparemment.


Flash Back:

"Je t'appelle en arrivant à Singapour, okay?"
"Okay!"
Je lui réponds les larmes aux yeux.
"Ehhhhh, Jun, je reviens bientôt, cette année va passer vite..." dit-il pour se convaincre lui-même.
"Toi-même t'y crois pas un mot."
"..."
"Vas-y, tu vas louper l'avion, tu m'appelles alors!"
"Bien sûr!"


Il m'embrasse une dernière fois et me dit un petit "je t'aime » au creux de l'oreille. Il se retourne et part vers la porte d'embarquement. Après seulement quelques secondes loin de moi, il fait déjà un sourire aguicheur à l'hôtesse. Il passe la porte et m'envoie un baiser dans les airs en posant sa main au niveau de sa bouche. Je lui réponds par le même geste.

Fin du Flash-Back.

Jun, jun, jun, tu sais très bien que ça fait trois mois qu'il est là-bas et qu'il t'a toujours pas appelé. Laisse tomber, il t'a oublié.

Timo revient dans l'arrière-boutique. À ce moment, mon portable sonne. Je le sors de ma poche et regarde le numéro affiché:

"<3<3<3"

John? Est-ce vraiment possible?

"J'en ai pour deux minutes Timo, je réponds juste."
"Pas de problème"

"Allo, John?"
"Eh, Jun!! Ça va? "
"Bah à part que j'attends ton appel depuis plus de trois mois, oui ça va bien!"
"Je suis désolé, j'ai eu des problèmes de papier. Il ne voulait pas me laisser entrer à Singapour, et l'agence ne pouvait rien faire. Après j'ai perdu mon portable, mais en fait, il était tombé de ma poche à l'hôtel, enfin bref, et à cause de mes papiers, je peux pas rester plus longtemps à Singapour, je reviens à Paris. Enfin plutôt, je suis à Paris. J'aimerais te revoir, tu me manque!"
"Écoute, John..."
"T'inquiète pas, je comprends!"
"John, t'es toujours aussi borné, laisse finir les gens! Tu ne changeras jamais!"
"Eh bah, non, John restera John!"
"Alors, écoute-moi bien! Je t'en veux encore beaucoup de ne pas m'avoir appelé, l'histoire du téléphone n'aurait pas dû t'empêcher de m'appeler. Mais tu me manque aussi! Normalement, j'ai un rendez-vous ce soir, mais, si ça tiens qu'à moi, je l'annule pour toi."
"Mais, non... On pourra se voir demain"
"Non, aujourd'hui, j'attends de t'entendre depuis trois mois. Je veux te voir aujourd'hui, pas dans 10 ans."
"Okay, t'es ou là?"
"Dans l'arrière-boutique d'un fleuriste ou j'ai ..."
"Ou t'as?"
"Rien laisse tomber!"
"Bon, on se voit à "notre" restaurant! Okay?"
"Okay, je peux amener quelqu'un, je veux te présenter quelqu'un!"
"Une conquête? "
"Hummmm, 19h30 à "notre" resto'!"
"Okay, à t'à l'heure! Je t'aime"
"Bisous! Moi aussi"


Je raccroche, regarde mon portable et lève les yeux sur Timo:

"Celui qui te ressemble au téléphone!"
"Hmmmm, ton copain, c'était ton copain?"
"Euh, on peut dire ça comme ça!"
"Et t'as couché avec moi pourquoi? Par ce que je lui ressemblais?" me dit-il énervé.
"Non..."
"Pourquoi alors?" me dit-il d'un ton mi-triste, mi-énervé.
"Parce que j'ai été attiré par quelqu'un à ce point, deux fois dans ma vie. Par Johnatan et par toi!"
"Hmmm..."


Un ange passe. Personne ne parle. On se regarde dans les yeux avec envie.

"Comme t'as entendu, je t'invite au resto avec Johnatan ce soir! Tu es libre?"
"Ça doit pouvoir se faire!"
"Okay, alors on a rendez-vous dans 4h30 avec John, mais j'aimerais être avec toi un peu avant."
lui dis-je en m'avançant près de lui et lui attachant ses lèvres aux miennes.

On s'embrasse plusieurs minutes ainsi et lorsque je me retire, il me dit simplement:

"T'es sûr que tu peux le faire avec..."

Il ne peut pas finir que je l'embrasse déjà à nouveau. Je le tire ensuite vers la boutique. Lorsqu'on passe à côté de la table de travail, je prends ses clés. Je l'attire ensuite vers la porte. Le pousse dehors et ferme la boutique à sa clé. Je le tire ensuite dans mes bras et lui dit doucement:

"John m'abandonne trois mois sans nouvelle. On se demande pourquoi!? Moi j'ai aussi le droit de prendre du bon temps avec quelqu'un qui m'attire et dont je connais déjà beaucoup."
Je lui dis dans un clin d'oeil.
"Tu pense à un ménage à trois?" me demande-t-il ironiquement.
"Si tout le monde était fidèle qu'est ce qu'on se ferait chier!* Non ?"




*Phrase tirée du livre Septembre, écrit par Nicolas Pages.



# Posté le samedi 02 février 2008 13:53

[Tokio Hotel] Mao Boy



Mao Boy

Elle était un peu petite, mais jolie. Elle était un peu à l'écart de tout, mais elle était charmante. Ça faisait certainement longtemps qu'elle était plantée là, mais elle ne vieillissait pas. L'endroit où elle vivait était certes un peu ringuards, mais pas si désagréable que ça. Il faudra s'y faire de toutes manières. Ils allaient emménager dans cette petite maison pour un bon moment.
Elle n'était pas très coûteuse, alors pour le petit salaire de sa mère, ça ferait l'affaire. Le loyer non plus n'était pas très chère. Tom, lui, s'en fichait un peu. Plus rien n'avait d'importance pour lui. Depuis que son frère jumeau Bill n'était plus et que son père les avait abandonné, il s'en fichait un peu de tout. Tout ce qu'il souhaitait, c'était ne pas passer l'hiver dehors. Alors la petite maison, il l'acceptait dans son domaine, tant qu'il y avait un lit et du chauffage...
Le problème, ça allait être de s'intégrer dans son nouveau collège. À 14 ans, on n'est pas toujours très facile avec les autres. Tom était un peu renfermer, depuis ça. Son frère, il l'aimait plus que tout. Mais il avait soudainement disparu, du jour au lendemain. Tom se disait toujours qu'il n'était peut-être pas mort. Mais ça allait bientôt faire 8 ans qu'il n'était plus là. Quand il avait disparu, il était encore un petit garçon, sans défense, naïf et innocent. Tom se souvient encore parfaitement de son visage identique au sien, de son odeur, de son sourire et de toutes les bêtises qu'ils faisaient ensemble. Après cette perte, le départ de son père avait été un peu sans importance, enfin presque. Mais la pensée qu'il ne reverrai certainement plus son jumeau avait tellement d'ampleur qu'il oubliait tout le reste.
Tom entra dans la petite pièce circulaire qui serait prochainement sa chambre, quand les meubles seraient installés. Il déposa son sac à côté de la porte et s'avança vers la fenêtre. Le jardin était dans un sal état. Au loin, on voyait le centre ville, avec le grand clocher à côté du collège. Tom soupira. Sa mère arriva à ce moment.
- Tom? Ça te plaît?
Le garçon ne répondit pas, fixant toujours le paysage à travers la fenêtre. Sa mère le câlina.
- On va être bien ici, hein?
Tom hocha la tête. Il n'était bien nulle part.
- Cette après midi, une fois qu'on aura rangé un peu, on ira voir ton nouveau collège, d'accord? Dit-elle en caressant ses cheveux.
- Oui...
- Tu commenceras les cours demain, ça ira?
- Oui...
- Tom...

Ça mère ne supportait plus de le voir comme ça. Depuis 8 ans, ça ne s'arrangeait pas, loin de là. Tom se renfermait de plus en plus. Il n'avait pas de copain avec qui s'amuser les mercredis et les samedis après midi. Il n'avait pas vraiment de passion, sauf peut-être la guitare. Il en faisait avec son père et son jumeau chantait à côté. Il aimait tant ses moments d'intense complicité...

Après avoir monté son lit, de forme ovale, il s'attaqua à son bureau. Sa mère faisait pareil de son côté. Le salon était déjà disposé et la salle de bain ne demandait pas d'achat de plomberie. C'était déjà ça de moins à faire.
Ils mangèrent en silence, avant que sa mère ne demande:
- Il ne t'a pas appeler, toi?
- Non,
répondit le garçon. Il avait promis pourtant.
- C'est bizarre, il aurait quand même appelé pour savoir quoi et qu'est-ce.
- Il a peut-être plus intéressant à faire...
- Tom!
S'écria sa mère.
- Quoi? Je te pari qu'il n'en a plus rien à foutre de nous.
Sa mère se tu. Elle savait que Tom avait raison, mais elle refusait de l'admettre. Son mari était parti et il ne reviendrait pas. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence, il ne les aimait plus. Peut-être ne les avait-il jamais aimé?
Après manger, Tom remonta dans sa chambre terminer une armoire. Puis sa mère l'appela pour le rendez-vous avec la directrice du collège. Ils y allèrent à pied, histoire de découvrir le quartier. Tom remarqua non loin de chez eux un vieux terrain de basket. Une vingtaines de garçons de son âge environ était là, séchant probablement les cours. Tom les regardait s'amuser ensemble, voulant être à leur place. Il voudrait savoir s'intégrer facilement dans un groupe, pouvoir rire et faire des conneries. Mais, depuis que Bill avait disparu, il était toujours seul. Seul avec sa tristesse et son imagination pour l'occuper.
Il passèrent devant une grande bonbonnerie, Tom retînt ce détail... il y viendrait souvent. Puis ils arrivèrent devant le collège. Le garçon fit une grimace en le voyant: c'était laid et en plus c'était la récréation. Tout le monde était alors dehors dans la cour. Tous le pointait du doigt, lui et sa mère, en murmurant:
« C'est lui le nouveau? »
Les filles rougissaient en le regardant, mais ne lâchaient pas des yeux. Il était si mignon avec son visage fin comme celui d'un ange, ses longues dreadlocks blondes et ses vêtements un peu trop grands pour lui. Il ne regardait pas les autres, ayant peur de leurs regards, et fixait la porte vers laquelle il se dirigeait avec sa mère. Il y eut juste un détail qui attira son attention dans un coin du préau. C'était un garçon, tout seul, qui regardait... ses pieds. Il tripotait quelque chose dans ses mains, mais Tom n'eut su dire quoi. Il avait l'air un peu malheureux et affreusement seul, comme lui. Tom ne pu voir son visage dans la pénombre de l'abri, mais il se promit d'aller lui parler, demain. Enfin, il essayerait, ça faisait longtemps qu'il avait perdu l'habitude d'aller vers les autres. Depuis 8 ans, en fait.

Il passa la porte d'entrée et se retrouva dans un grand couloir. Là, ce fût la même chose que dehors. Tous les élèves le regardaient et se passaient les mêmes mess-basses. Tom était un peu gêné, un peu intrigué, un peu apeuré aussi. Mais, au moins, on lui portait de l'attention, même s'il savait que dans une semaine il serait dans le même cas que le garçon du préau.
Il passa donc avec sa mère aux milieux des élèves. Les filles, comme dehors, fondaient comme des bougies à son passage. Ils arrivèrent devant le bureau. Là, sa mère entra, mais lui dû attendre dans le couloir, avec tous les autres. D'ailleurs, il ne tarda pas se former toute une cohue de minettes curieuses autour de lui. Tom se sentait affreusement rougir, non pas par l'attirance que pourraient lui provoquer ses filles, mais plutôt de gêne, de la timidité. Il refusait de lever les paupières. Pourtant...
- Eh! C'est toi le nouveau? Comment tu t'appelles? Demanda l'une d'elle, la désigné pour lui parler la première.
- Tom, répondit-il en levant les yeux sans fixer la fille.
- Tom comment? Demanda-t-elle en souriant à pleine dents.
- Kaulitz.
- Ha... Tu connais pas un Alix?
- Heu... non, pourquoi?
- Pour savoir. Y'a un type qui s'appelle Alix Kaulitz ici.
- Ok, non je ne connais pas...

Tom rabaissa les yeux. Qu'est ce qu'il en a à faire ce cet Alix? Rien, justement.
Les filles commençaient sérieusement à l'agacer. Heureusement, la porte du bureau s'ouvrit et sa mère lui dit d'entrer, ce qu'il fit sans se faire prier. L'entretien se passa impeccablement. Après quoi, Tom fût gratifier de pouvoir aller à une heure de cours juste pour voir ce qui s'y passait. Il en fût ravit...
La récréation n'étant pas terminé, il embrassa sa mère qui parti faire une course en attendant, et retourna dehors, les filles sur ses talons. Mais il s'en fichait absolument de ces filles. Il s'était juré quelque chose, il allait alors le faire. Il retourna voir sous le préau. Mais le garçon n'était plus là. Tant pis. Il se plaça alors à l'endroit où il se tenait quelques minutes auparavant et... marcha sur quelque chose qui traînait à terre.
Il le ramassa. C'était un collier. Un pendentif argenté rayé de noir en forme de cercle pendait le long d'une chaîne argentée. Tom découvrit qu'il pouvait s'ouvrir. A l'intérieur, il y avait deux photos collé sur chacun des côtés. Elles étaient vieilles, un peu jaunies, un peu salies. Tom pu simplement voir qu'il s'agissait d'un petit garçon avec les cheveux clairs et d'une femme, probablement la mère du petit garçon, aux cheveux clairs elle aussi. Leurs visages étaient un peu flous, mais ils avaient l'air fins. Tom se dit que c'était certainement l'objet que le garçon de tout à l'heure tournait et retournait dans ses mains et qu'il avait dû le laisser tomber sans faire attention. Il le mit dans sa poche, pensant lui rendre dès qu'il le verrait.
La sonnerie retentit, Tom alla dans la salle de sa future classe. Il savait où elle était car la directrice lui avait rapidement indiqué. Il la trouva donc sans difficultés. Il s'assit au fond de la classe, sachant que tout le monde le regardait. Là, il se heurta soudainement à un regard qu'il avait l'impression d'avoir déjà vu...

Ce regard, il était pénétrant. Tom se sentait transpercé. Bien que froid, il aimait ce regard, il en frissonnait d'ailleurs. Il était comme hypnotisant. Tom ne se rendait même pas compte qu'il le fixait. Ils se fixaient. De grands yeux chocolats en amandes maquillés de noir, semblable aux siens, ne semblaient pas vouloir se libérer de cette étreinte imaginaire. Tom se sentait transporté ailleurs, il aimait ce regard mais en même temps, il le pétrifiait de terreur, il n'aurait su dire pourquoi. C'était comme si la foudre s'abattait sur lui. Dans cet échange de regard, il y avait beaucoup d'étincelles... Tom su que c'était le garçon sous le préau, mais il n'osa pas parler, pas maintenant, il attendrait la prochaine sonnerie. Il n'allait pas briser ce lien qui les unissait si spontanément. Il lui rendrait son pendentif juste après.
- Alix, retournez-vous s'il vous plaît.
Le garçon qui le fixait attendit un temps, cligna des yeux, puis se retourna en esquissant un sourire, un sourire minuscule, mais un sourire quand même.
Alors c'était lui ce Alix Kaulitz. Lui, avec ce regard froid. Lui, avec ses longs cheveux noirs qui descendaient dans son cou. Lui, avec ce corps si fin. Lui, qui portait le même nom que Tom.
Le cours passa... lentement, bien que Tom soit là en touriste. Mais demain commencerait le nouveau calvaire. En attendant, ça sonnait. Et Tom se précipita dehors pour attendre Alix. Là, il se mit soudainement à stresser comme un fou furieux. Tout le monde le regardait bizarrement, du coup. Mais qu'est ce qu'il s'en foutait. Il voulait voir Alix. Il aurait Alix. Il était si... beau. Mais Tom se demandait s'il allait vraiment être à la hauteur de lui parler.
Quand il le vit, il le laissa passer, sentant l'odeur dans son courant d'air. Mais il se ressaisit bien vite et lui tapota l'épaule. Alix se retourna violemment:
- Quoi!? Fit-il méchamment, bien que d'une voix fluette.
Il vit que ça n'était que Tom.
- Ha, c'était toi, excuse-moi...
- Ce n'est... rien,
répondit Tom, extrêmement gêné.
S'installa le cercle du silence. Tom eut vite fait de le briser.
- Au fait, j'ai trouvé ça et... dit-il en sortant le pendentif de sa poche, et je voulais savoir si ça t'appartenait.
Alix regarda le pendentif et sourit. Il le saisit, l'ouvrit pendant deux ou trois secondes, puis le remit dans sa poche.
- Merci, je pensais l'avoir perdu. C'est vraiment gentil de me l'avoir retrouvé.
Il avait l'air si content, si joyeux à cet instant. Tom sourit à son tour et les regards des deux garçons se croisèrent une seconde fois. Tom fut de nouveau emmené vers les étoiles. Alix ne semblait pas vouloir se détourner de lui. Il passa sa main sur le visage de Tom, puis approcha son visage et sentit son cou. Tom se laissait faire, ne prenant pas en compte le regard des autres. L'exploration d'Alix ne dura que quelques secondes. Ce fût bien trop court pour Tom, mais il ne saurait dire pourquoi. Il aimait beaucoup le parfum et le physique de cet étrange garçon.
« PD! »
Ça y est les rumeurs commençait. Alix prit Tom par la main et l'emmena loin du collège. Tom se dit que ça mère le chercherait partout. Mais tant pis...
L'androgyne l'emmena dans un petit parc, là où personne ne pourrait les déranger. Alix ne cessait de regarder Tom, lequel ne savait plus où se mettre.
- Alix, je...
Le principal concerné posa son doigt sur ses lèvres et sourit. Il était vraiment beau. Tom ne pu se contenir plus longtemps. Il entrouvrit ses lèvres et y passa le bout de la langue. Il lécha le doigt d'Alix. Mais il s'arrêta bien vite, se rendant compte qu'il était vraiment... PD. Mince.
Alix lui, ça ne semblait pas le déranger, au contraire. Il souriait toujours. Il passa sa main dans les cheveux de Tom et tira doucement son visage vers le sien. Mais Tom eut soudainement peur.
- Non... je... je ne suis pas comme toi.
Une énorme vague de tristesse submergea Alix qui s'éloigna de trois pas. Il retomba même assit dans l'herbe.
- Je suis... désolé, murmura Tom au bord des larmes.
Il ne pu s'empêcher de s'asseoir à côté de lui et de l'enlacer. Alix le repoussa gentiment.
- C'est moi qui suis désolé, dit Alix. Je pensais que tu étais... différent des autres.
Mais qu'est ce qui retenait tant que ça Tom? Ce n'était pas le manque d'envie. C'était plutôt la peur. La peur de ce que diraient les autres. La peur du changement de tendance. La peur d'aimer une personne si spontanément. Malgré tout... il s'approcha doucement d'Alix.

Il enfouit son visage dans ses longs cheveux noirs, respirant son odeur. Il aimait tant cette senteur, même s'il la connaissait depuis peu. Elle l'envoûtait et l'emportait haut, très haut au dessus des nuages. Il se sentait invincible en la respirant. Il parcourait la surface de la mer cotonneuse, une paire d'ailes blanches dans le dos. Il volait avec lui au dessus de cette océan de désir. Main dans la main, ils survolaient déjà leur futur amour. Ils ne s'arrêteraient pas, même s'ils voyaient déjà un ouragan de chagrin se former au loin. Mais, au centre de cette spirale infernale qui déformait la surface des mers, ils voyaient ce qu'on pourrait appeler un jaillissement de réconciliation. Mais ils n'y étaient pas encore. Ils avaient encore des centaines de lieues à parcourir avant d'y arriver. Ils avaient donc le temps de s'aimer.
Tom effleurait la peau d'Alix de ses lèvres, migrant du cou à ses joues. Elles étaient douces, froides et lisses comme de la porcelaine. Tom tira le corps désiré contre le sien et l'allongea sur ses genoux. Sa peur? Elle s'était noyée dans l'océan de nuages. Il la regardait s'enfoncer dans les abysses les plus profondes. Il était vainqueur.
Il caressait les joues d'Alix. Il n'osait pas trop s'aventurer plus loin. Mais Alix le lui demanda, sans mot dire, en attrapant sa main et en la plaçant sur ses lèvres désirantes. Tom avait chaud et froid. Il était heureux et triste. Mais il avait un drôle de sentiment concernant ce garçon efféminé. C'est comme si une mise en garde l'avertissait de ne pas s'y frotter, de ne pas s'y brûler les ailes.
Malgré tout, il se baissa et déposa délicatement ses lèvres sur celles d'Alix. A cet instant, Tom aurait donner n'importe quoi pour que le temps les oublis et les laisse ici sans plus jamais s'occuper d'eux. C'était trop magique pour qu'on puisse penser que cela pouvait bien s'arrêter. Alix fit cependant durer ce moment en introduisant sa langue entre les lèvres de Tom. S'en suivit une danse emmêlant les ailes de chacun.
Mais tout à une fin. Tom avait presque oublié sa petite maman...
- Tom?!
Voyant son fils, là, penché sur un garçon, elle ne pu s'empêcher d'intervenir. C'était trop fort pour elle. Son petit Tom homosexuel?
Tom se sentit affreusement rougir. Alix se redressa d'un coup. La mère trembla d'effroi face à son regard glacial. D'un côté, elle maudissait ce garçon de faire son fils un homo, de l'autre... il lui inspirait une certaine compassion.
Mais Alix s'enfuit en courant, Tom n'eut même pas le temps de le rappeler. Il disparu derrière les grilles du parc. Sa mère s'approcha de lui et le releva. Elle le fixait et Tom savait parfaitement ce que son silence demandait. Mais il ne répondit pas.
- Tom, tu peux m'en parler tu sais.
- M'man... je ne sais même pas pourquoi j'ai fais ça.

Il mentait, car il savait. Il savait que d'une part, Alix et lui se ressemblait. D'autre part, il savait qu'il avait besoin de quelqu'un qui le comprenne parfaitement. Mais il n'avait pas prévu que ça se traduise ainsi. Alix, il ne le connaissait que depuis une heure. Et encore, il ne l'avait vu pour la première fois que depuis une heure. D'un côté, il trouvait ça trop spontané. Mais, pour la deuxième fois de la journée, il se promit d'aller s'excuser auprès d'Alix, demain matin.

Lui et sa mère rentrèrent à leur petite maison blanche. Tom ne fit pas attention aux remarques désobligeantes qu'on lui fit quand il passa devant le terrain de basket. Dès il passa le seuil de la porte, il couru dans sa chambre et s'enfouit sous sa couette. Il pleurait.
Il voulait l'entendre, il voulait le sentir près de lui. Ça lui faisait peur de ne pas comprendre pourquoi il l'aimait tant alors qu'il ne connaissait rien de lui. Et c'était un peu dure à accepter, le fait d'aimer un garçon. De plus, il avait l'impression de l'avoir blessé, à cause de l'intervention de sa mère. Il avait l'impression de lui avoir arraché les ailes. Il se sentait coupable et il s'en voulait. Il fallait qu'il s'excuse mais il faudrait attendre demain. C'était dure à supporter. D'autant plus que sa mère l'avait vu faire.
Il voulait recommencer, réessayer encore au moins une fois. Juste une seule et dernière fois. Il voulait encore l'embrasser. Et son odeur, il voulait encore la sentir, il voudrait la toucher du bout des doigts et l'enfermer. L'enfermer dans une boîte pour ne jamais l'oublier et ne jamais s'en séparer. Qu'est ce qu'il aimerait...
Mais plus que tout, il le voulait là, contre lui, sur lui. Il voulait s'excuser maintenant. Attendre ne ferait qu'amplifier la tristesse et la douleur qu'ils ressentaient tous les deux. Et ça, il ne supportait pas. Ça faisait trop... mal.
Il s'endormit sans manger, encore tout habillé, tout recroquevillé, comme un f½tus.
Le lendemain, sa mère le réveilla. Tom se dépêcha et parti le plus vite possible pour le collège, sans même dire bonne journée à sa mère.
Dès qu'il passa le portail d'entrée de la cour, il sentit tous les regards se poser sur lui et les rumeurs monter. Mais qu'en avait-il à faire, après tout? Il n'était pas là pour ça. Comme prévu, Alix était sous le préau, le pendentif ouvert dans les mains, le visages baissé vers les photos. L'ombre le cachait, mais Tom savait que c'était lui. Sans hésiter, il se dirigea vers lui. Il se posta devant lui, Alix ne releva pas la tête. Tom posa sa main sur son épaule et approcha son corps du sien. L'androgyne releva la tête et Tom pu voir que des larmes coulaient sur ses joues. Mais, à la vue de ce soleil dans l'ombre, ses lèvres s'étirèrent dans le plus lumineux des sourires. Il n'avait pas l'air de lui en vouloir plus que ça. Tom s'excusa quand même.
- Je suis navré, pour hier soir... j'aurai dû te mettre plus en confiance. Ça n'était que ma mère, tu sais. Mais elle ne devait pas s'attendre à me voir t'embrasser, c'est tout.
Alix souriait toujours et attirait Tom à se blottir contre lui. Ce dernier le laissa faire et respira l'odeur qu'il aimait tant.
- Ce n'est rien, tu sais. Mais elle m'a fait juste peur, ta mère. J'ai cru y voir la mienne... Mais ça ne se peut pas. Ma mère est... morte, tout comme mon frère. Je n'ai plus que mon père.
- Je suis désolé, murmura Tom, le visage dans son cou. Mon frère a disparu il y a longtemps et mon père nous a abandonné. Tu vois, on se ressemble.
- Oui, fit Alix en caressant ses cheveux.
Tom se serrait contre Alix appuyé contre le mur. Ce dernier lui caressait légèrement et souplement le dos et les côtes. Tom, lui, embrassait son cou, s'enivrant de son odeur. Il planait au dessus de l'océan, rasant le coton, le touchant du bout des doigts. Il touchait son bonheur. Les lèvres d'Alix cherchèrent celles de Tom et les capturèrent. Elles ne voulurent pas les relâcher, mais Tom se sentait pourtant le plus libre des garçons. Il aimait celui qu'il voulait. Il caressait ses formes, passant ses mains sous ses vêtements. Mais c'était un peu trop pour cet endroit si malfaisant.
- Eh les pouffes, on arrête ça! Vous savez, y'a les chiottes pour ce genre de trucs!
- Ouais! Hen v'là le pion!

Alix poussa Tom de lui. Si le pions les voyait, ils auraient pas mal d'ennuies, mieux valait contenir ses envies. Et repousser le désir à plus tard. De plus, la sonnerie retentit. Malgré qu'ils soient à deux, la journée promettait d'être longue. Mais, avant d'entrer dans le bâtiment, ils se firent une promesse qu'ils jurèrent de tenir, afin de l'accomplir ce soir. Ce soir, on était vendredi, alors il n'y aurait pas de coure demain. La nuit leur appartiendrait toute entière.

Ça n'était certainement pas une bonne idée. Mais en tout cas, ils savaient que l'un avait autant souffert que l'autre. Mais Alix semblait secret et ne voulait pas se révéler, pas même à Tom, comme si cela le tuerait. Mais pour l'instant, Tom se concentrait plus sur ce qu'il était en train de faire. Sur son lit, au dessus de lui, il lui enlevait son tee-shirt. Il découvrir une peau blanche et pure comme du lait. Alix souriait pendant que Tom l'explorait. Il le chatouillait, le pinçait, le mordillait, le léchait. L'androgyne se laissait faire et riait comme deux. Il semblait si heureux, comme lorsqu'on retrouve quelqu'un qu'on pensait avoir perdu. Pourtant, ça avait été si rapide. C'est comme q'ils avaient été prévenu à l'avance, comme s'ils se connaissaient... depuis toujours. C'était étrange, mais tellement agréable. Ils se sentaient si proches.
Alix tira sur le tee-shirt de Tom pour le retirer. Ce dernier s'allongea sur lui et Alix le caressait dans le dos, le cou et les cheveux. Ils dormiraient comme ça, enlacés, rêvant des même choses, sans rien dire, sans murmure, simplement en se respirant. Tom glissa sur le côté et Alix se serra contre lui, recroquevillé, le prenant dans les bras. Il voulait ne faire plus qu'un avec Tom, il voulait qu'il s'introduise en lui, dans son âme et son corps. Tom s'enroula autour de lui, comme un chat. Il chatouillait doucement les flancs d'Alix qui frémissait. Tous les deux venaient de plonger dans l'océan de nuages et nageaient à présent sous la surface des eaux. Leurs odeurs semblables se mélangeaient. Leurs esprits fusionnaient. Et ils s'endormirent les corps enlacés.
Promesse tenue, promesse entendue. Cette ils allaient se rendre compte que l'un ne fonctionnait pas sans l'autre. Ils allaient se rendre compte qu'en fait, l'un n'était pas si inconnu de l'autre que ça. Cette pensée claqua dans l'air comme un coup de revolver. Tous les deux se réveillèrent en sursaut en même temps. Ils se regardèrent, respirant bruyamment. Ce fût Tom qui parla le premier:
- Un mensonge! Tout ça, c'était un mensonge!
- Co... comment?! Mais Tom... ça ne se peut pas... mon frère est mort!
Balbutia Alix.
- C'était un mensonge! On t'a mentis! S'écria Tom.
- Mais... Non!
- Bill!
- Non! Je ne suis pas Bill!
Hurla Alix.
- Si! Si, tu es Bill, mon frère, mon jumeau... dit Tom en se jeta au cou d'Alix.
- Tom tu te trompes! Je ne suis pas ton frère. Mon vrai frère est mort! Tout comme ma mère!
- Non, ma mère est la tienne!
S'écria Tom en le caressant.
Mais Alix le repoussait.
- Lâche-moi! Tu es fou! Cria-t-il.
- Mais non... Bill, je sais que c'est toi. Je... je ne me suis jamais sentis aussi heureux que depuis que je t'ai vu.
- Non, ça ne se peu pas, tu n'es pas... tu n'es pas mon Tom.
- Bien sûr que si. Ça crève les yeux.
- Non, lâche-moi!

Tom agrippait Alix par la peau. Il n'allait pas laisser partir celui qu'il avait tant chercher. Il était persuader que c'était lui. Mais Alix ne voulait pas l'admettre... ou peut-être ne pouvait-il pas.

C'était certainement de trop, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Cette goutte d'eau salée glissa le long de la peau pure d'Alix, ou Bill. Tom le prit contre lui et caressait ses cheveux. Ils s'étaient retrouver, maintenant. Mais quelque chose en Bill refusait de lui faire admettre qu'il n'était pas Alix.
- Tom... on ne peut pas... couina Bill.
- Mais pourquoi? Pourquoi te retiens-tu?
- Parce qu'il... il m'en défend.
- Qui est-il?
- Un... un monstre assoiffé de peau jeune.
- Comment ça? Précise-moi, révèle-moi tout depuis que tu es parti.
- Je ne peux pas...
- Bill, tu ne veux pas vivre ainsi toute ta vie?
- Non, mais...
- Alors raconte-moi.

Bill soupira. C'était dur à dévoiler. Il s'apprêta à révéler un passer criblé de coups...
- Et bien, quand je suis partis parce que maman m'avait grondé, et que toi tu ne voulais pas m'écouter, je m'en suis allé loin. Un peu trop loin. Je ne savais même pas ce que je faisais. J'éprouvais tant de haine que je ne regardais pas où j'allais. Je ne voyais pas le temps passer, ni les aiguilles de ma montres tourner. J'étais trop en colère pour mesurer la gravité de ce que je faisais. De toutes évidences, je m'en étais allé trop loin de la maison, sans regarder mon chemin. Et c'est là que je me suis perdu. J'ai commencé à paniquer. Je n'avais que 8 ans, j'avais un peu peur de tout. Je pleurais parce que je me sentais vraiment nul d'avoir fais ça, c'était de ma faute. Et puis, je ne savais pas comment me sortir de cette situation. La nuit revêtait son plus sombre manteau. Il n'y avait pas de Lune ce jour-là. Il n'y avait que du noir et de l'oubli. Je me suis alors assit le long de la route et j'ai attendu. A chaque seconde je regrettais un peu plus mon acte. Et puis, sortit de nulle-part, il y a eu cet homme. Mes yeux ne le voyaient que sous la forme d'une silhouette bougeant dans les ténèbres. Il m'avait proposé son aide. Et moi, désespéré et apeuré que j'étais, je l'avais suivis jusque chez lui, pensant qu'il me prêterait son téléphone pour que je puisse vous appeler. Mais non... Quand il est entrée dans sa grande maison au sol de marbre froid et qu'il a allumé la lumière, je crois n'avoir jamais eu aussi peur de ma vie. Cet homme était défiguré. Il était affreux, ne me supplie pas de le décrire, s'il te plaît. Mais il souriait pourtant. Il n'avait pas l'air si méchant. Et pourtant... il ne m'a plus jamais laissé repartir. Et c'était affreux Tom... il était... il était... pédophile. Et moi, j'étais là, j'étais seul avec ma naïveté et mon innocence, alors... ses envies, ses désirs ou même sa colère, il les passait sur moi sous différentes manières...
Tom écoutait Bill lui conter son histoire, le visage dans son cou perdu parmi ses longues dreadlocks. Il était horrifié, mais il le laissait parler.
- ... Et c'était vraiment affreux, tout ce qu'il m'a fait. Il m'a dit de vous oublier parce qu'il vous avait tué. Il vous avait tué parce qu'il était fou, enfin, c'est ce que je pensais, et qu'il ne voulait plus se séparer de moi. Plus j'ai grandi et plus j'ai appris de choses sur cet abominable monstre. C'était autrefois un des meilleurs pilotes d'avion qu'il soit. Il avait combattu du côté des anglais, dans la Royal Air Force, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il avait une femme et un enfant qu'il aimait par dessus tout. Il affirmait que son désir de se battre et de s'en sortir était grandis par leur amour. Mais, lors d'un bombardement, alors que son avion décollait, il fut touché et défiguré par les flammes. Il fut hospitalisé et eut la permission de rentrer chez lui. Mais, à sa vue, sa femme et son enfant ont prit peur. Ça n'était plus lui, ça n'était pas le père et le mari qu'ils chérissaient tant. Alors ils sont partis, le laissant seul dans cette grande maison froide où tous les miroirs sont brisés. Et... c'est certainement le désespoir qui l'a fait agir ainsi, il m'a kidnappé. Il ne se sentait plus seul. C'est vrai, il avait l'air content que je sois toujours là. Il venait toujours me chercher à l'école, sous un voile islamique. Au fond, il ne pensait pas me faire du mal. Il voulait tant me garder qu'il changea mon nom et me renomma Alix, le nom de son fils. Et... ça doit être parce qu'il n'avait plus de femme, qu'il se servait de moi comme d'une double personne. Je préfère passer les détails, si tu vois ce que je veux dire...
- Bill mais c'est affreux... chuchota Tom, les larmes aux yeux.
- Oui... il était heureux et moi j'étais le plus malheureux de tous les petits garçons. Mais il pensait peut-être me faire plaisir, je ne sais pas... En tout cas, il a fait de moi ce que tu vois aujourd'hui: moi, Alix, 14 ans, garçon timide, renfermé, associable, froid et... homosexuel. Et quand... quand je t'ai vu, jeudi après midi, passer la porte du collège, je me disais que tu ressemblait fort à Tom. Mais tu étais censé être mort avec maman. Maman, je l'ai reconnu tout de suite, elle n'avait pas beaucoup changé, en 6 ans. Mais toi si, tu as grandis, tu as mûris, tu es devenu tellement beau! Je ne t'ai pas reconnu tout de suite. Ce n'est qu'après, dans la classe, quand je t'ai dévisagé et que tu regard a croisé le mien, que je me suis dis que c'était toi. Un fantôme de toi... je n'étais pas si sûr. Les années passées avec ce fou... elles avaient peut-être déteintes sur moi. J'étais peut-être fou, moi aussi. Mais quand tu es venu me parler, j'ai su que ça ne pouvais qu'être toi. Mais je refusais de l'admettre... Et puis, je ne sais pas, j'étais attiré par toi, physiquement... Et toi, tu m'as embrassé et maman est arrivée! Penses-tu... je pensais que j'hallucinais. Et puis me voilà ici, à pleurer dans tes cheveux, à te dire que je t'aimes malgré que tu sois mon frère. Tom... tu n'imagines même pas ma joie d'être avec toi, même si à l'instant présent, ça ne se voit pas tellement...
- Ce n'est pas le plus grave des problèmes. As-tu honte de m'aimer?
- Non, bien sûr que non, même si c'est étrange d'aimer son frère...
- Alors, où est le problème?
- C'est lui!
- Mais pourquoi?!
Insista Tom.
- C'est un monstre... Tom tu n'imagines pas tout ce qu'il m'a fait... quoique je fasse, il le sait! Je ne sais pas comment, mais il est au courant de mes moindres gestes! Il me fait si peur... J'ai essayé plusieurs fois de m'enfuir, il m'a toujours retrouvé. Il sait toujours où je suis. D'ailleurs, je sais que cette nuit, je vais chèrement la payer...


Bill serrait fort Tom dans ses bras, par peur qu'il s'envole une seconde fois. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvé, ils ne se quitteraient plus jamais.
- Je te défendrai moi! S'écria Tom.
- Mais comment? Toi et maman n'avez aucun droit sur moi! Je suis reconnu à la mairie comme le fils de ce monstre...
- Comment?! Mais c'est immonde de faire ça! Tu vas voir, demain matin, tu verras maman et elle fera quelque chose!
- Mais je vais devoir retourner chez lui... je ne veux pas! Tom, je ne veux plus!
- Ne t'inquiète pas, je suis là, je ne le laisserais pas te me reprendre une deuxième fois!
- Tom, tu ne peux pas imaginer un seul instant ce qu'il est capable de faire à ceux que j'ai osé me frotter...
- Quoi? Je ne te suis pas...
- Je t'ai mis en danger Tom. Dès le levé du jour, il me cherchera. Et il trouvera la raison pour laquelle je suis partis. Et... il l'éliminera.

Tom trembla à ses mots. Mais qu'importe, il sauverait son frère de cet enfer. Même s'il y risquerait sa vie.
- En attendant... il n'est que deux heures du matin. On a le temps... chuchota Tom.
- Le temps? Le temps de quoi faire? On ne peut pas prédire à l'avance comme il va réagir! Ça peu être rapide comme ça peu être lent et meurtrissant...
- Je ne parlais pas exactement de ça.
- Pardon?

Tom éloigna lentement Bill de lui et l'allongea dans un creux de la couette. Il se mit à califourchon sur lui et dit:
- Oublions ça un moment. Moi, je vais te montrer tout ce que j'ai appris durant ses années. Je t'avoue que c'est l'unique chose qui m'a branché... en dehors des bonbons peut-être! Mais, ce que les bonbons n'ont pas, c'est la capacité de faire oublier toutes pensées de l'esprit durant qu'on les mange. Faire l'amour... ça a plus d'effet, même si on se le fait tout seul.
- Mais tu n'est pas tout seul,
murmura l'androgyne.
Bill souriait. Tom enleva le reste de ses vêtements ainsi que les siens. Il caressait sensuellement son frère, sachant que ça pouvait être l'unique fois qu'ils le feront. Bill aussi caressait son jumeau, attirant son visage sur le sien pour l'embrasser. Oui, cette nuit serait la leur. Ils étaient partit et rien à par l'aube ne les arrêtera plus.

L'aube arriva bien trop vite. Le problème était qu'ils s'étaient épuisés à la tâche. Ils avaient un peu dormit, les corps enlacés, mais ça n'était pas assez.
La vitre de la chambre de Tom se brisa soudain. Tous les deux se réveillèrent. Tom, sur Bill, se redressa d'un coup et constata: un monstre, oui, un monstre. Les lèvres en lambeau, ensanglantées, deux trous à la place du nez, un orbite vide, un crâne chauve déformé... il était immonde. Bill cria et se débattit sans que Tom en sache la raison. Il semblait avoir mal, très mal. Il hurlait à la mort sous la couette, gigotant dans tout les sens, se griffant, se tirant les cheveux. Son visage était crispé de douleur.
Tom restait là, impuissant. Il savait que c'était l'homme qui procurait cette souffrance à Bill.
- Mais qu'est ce que vous lui faites?!
- Punixion.

De toutes évidences, le monstre ne pouvait pas parler convenablement. Mais Tom comprit. Il comprit pourquoi avait si peur de cet homme.
- Arrêtez enfin!
Il enfila rapidement un pantalon et sauta sur lui. Ses petits poings battaient son visage déjà défiguré. A côté, Bill hurlait toujours comme si on l'égorgeait. Tout à coup, Tom ne vit plus rien. Seulement du noir, un inquiétant noir. Puis dès lors, une douleur implacable le projeta sur le côté. Il se mit à se débattre, mais en vain. C'était comme si on l'épluchait de sa peau, comme si on triturait ses organes, comme si on découpait son cerveau. C'était intenable. Heureusement, ça ne durant pas longtemps. Tom recouvra vite la vision. Bill ne criait plus et gisait sur le lit sans donner signe de vie.
Tom se jeta à nouveau sur l'homme, sa lampe de chevet à la main pour faire plus mal. Il n'hésitait pas à le mordre jusqu'au sang. Il lui ferait payer tout ce qu'il avait fait à son frère. Même s'il devait mourir. Il lui arracha son unique ½il. L'homme hurla. Bill se réveilla, il eut le temps de crier:
- Tom! NON!
Mais c'était déjà trop tard. L'½il tomba à terre. Il fixa Tom de sa pupille pâle. Tom le fixa un long moment, redoutant le pire. Et le pire arriva. Bill n'eut pas le temps d'écarter son jumeau du danger. L'¼il se mit soudainement à flotter dans les aires et, de sa pupille, il sortit un éclair blanc qui transperça le c½ur de Tom. Ce dernier cria, les yeux exorbités, la douleur étant telle qu'il ne la sentait pas. Il savait juste que c'était la fin. Il sentit Bill le serrer contre son petit corps chaud. Mais son souffle se coupa avant de lui dire qu'il l'aimait.
L'¼il reprit tout seul sa place et l'homme se redressa. Bill regardait son jumeau mort dans ses bras. Des larmes brûlantes inondaient ses joues blanches. Il serrait le cadavre sans âme contre lui, caressant ses cheveux, embrassant ses lèvres froides. Il hurlait sa souffrance. A peine l'avait-il retrouvé qu'il fallait déjà se séparer. Bill tomba à terre en criant le nom de son jumeau. L'homme le regardait souffrir et tenir le corps de son frère mort contre lui. Le pauvre Bill hurlait jusqu'à ne plus avoir ni souffle ni voix. Pourquoi fallait-il déjà se quitter... alors qu'ils s'aimaient? Pourquoi la vie était-elle aussi cruelle? Bill serrait toujours Tom contre lui, embrassant son corps sans âme. Il le perdait une deuxième fois. Sauf que aujourd'hui, ça n'était pas un mensonge.
L'homme prononça quelques mots et le corps de Tom s'éleva dans les aires et s'enflamma. Les cendres retombèrent mollement à terre. Bill, le visage trempé, regardait cette scène avec dégoût. Il passa sa main dans les cendres, puis l'homme lui tendit la main. Bill l'attrapa, n'ayant pas le choix, et se releva.
Ils repartirent dans la grande maison froide, alors que le vent balayait les restes du frère tant aimé. Le cauchemar pouvait recommencer.



Lyra___________________

 [Tokio Hotel] Mao Boy

# Posté le dimanche 03 février 2008 05:27

[Tokio Hotel] In Die Nacht

 [Tokio Hotel] In Die Nacht

Chanson : (*)




In Die Nacht


Je ne me sens pas bien. J'ai trop bu, encore une fois. Enfin, on n'a pas tous les jours dix-huit ans ! Je me lève. Tout tourne. Je m'appuie contre le mur et commence ma lente progression jusqu'à ma chambre, enjambant Gustav qui s'est endormi à même le sol et m'encoublant dans les bouteilles qui jonchent le sol. J'ai besoin de me dégriser en respirant un peu de l'air frais. On a peut-être un peu abusé en boîte...Peut-être ...

Bill, entrain de se déhancher comme un fou, a mis la stéréo à fond dans le salon pour couvrir les bruits suggestifs provenant de la chambre de Georg. Quelle idée stupide d'avoir pris une suite à l'hôtel à la place de chambres séparées, alors que la réputation de tombeur de Georg n'est plus à faire. Je me demande bien la tête de sa conquête de ce soir. Peut-être la grande blonde qui dansait avec lui lorsque nous étions en boite,peut-être la plantureuse brune de la réception.

Je lève les yeux. Bill danse toujours. Il est complètement ivre mais n'en est pas réduit à l'état de loque humaine. Moi par contre, j'en suis proche.

Objectif atteint : je suis dans ma chambre après un déplacement plutôt pénible.

J'ouvre grand la fenêtre, inspirant une énorme bouffée d'air frais qui me dégrise légèrement. Je reste quelques instants à contempler Berlin de nuit, quoique matin serait plus juste, puis je me laisse tomber avec satisfaction sur mon grand lit moelleux. Merveilleux !

La musique me parvient moins fort qu'avant puisque Bill vient d'entrer et a fermé la porte. A son tour, il se jette sur mon lit, en proie à un rire nerveux dû à l'alcool.

- 'Omy, mets la télé, s'il te plait.
- J'n'arrive même pas à marcher droit 'Illy...
dis-je, en m'exécutant tout de même.

Merde ! je me suis relevé trop vite. Il me semble que le sol tangue sous mes pieds mais j'arrive avec une exclamation de triomphe à allumer l'engin diabolique, avant de retomber sur le lit. Mon Dieu que je hais cet état. Quoique non en fait. Je l'adore.

'Illy tape dans ses mains, tout content de tomber sur un film à l'eau de rose bien stupide. Je rigole toute les deux minutes, sans pouvoir m'en empêcher. Je sais que je ne suis pas dans mon état normal. Je sais que je suis tout aussi ivre que Bill, peut-être plus. Bill, après une exclamation incompréhensible, s'est recouché, à moitié sur moi. Je sens sa main posé sur ma hanche, comme il le fait si souvent lorsque nous sommes seuls.

Cependant, aujourd'hui il y a quelque chose de différent qui me fait frissonner. Peut-être que l'alcool qui coule dans mes veines modifie ma perception de la réalité, peut-être est-ce parce que je suis torse nu, peut-être est-ce parce qu'il bouge imperceptiblement son pouce tout froid contre ma peau. Je sens son souffle sur ma nuque. C'est si agréable que j'en gémirais presque. Lorsqu'il disparaît, je me tourne la tête pour comprendre la perte de cette sensation. Bill fait quelque chose près de la porte mais je n'arrive pas à voir quoi exactement.

- 'Illy ! Tu fais quoi encore ?
- ...


N'obtenant pas de réponse, je me lève pour le savoir. Je suis à mi-chemin de la porte lorsque le bruit caractéristique d'un verrou résonne dans la pièce. Mais pourquoi est-ce qu'il a fermé la porte à clé ? j'ai à peine le temps de me le demander qu'il se retourne brusquement et me dévisage, un sourire en coin. Dieu que je n'aime pas ce regard...

Pétrifié - allez savoir pourquoi -, je le regarde s'avancer jusqu'à moi et poser sa main sur ma joue. Ses yeux dissimulent un éclat inquiétant. Il se penche légèrement et pose ses lèvres sur les miennes. C'est doux, c'est chaud, c'est tendre...c'est indescriptible !

Attendez-là, problème ! Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe dans la tête de mon frère pour qu'il m'embrasse ? Et du même coup ce qu'il se passe dans la mienne pour que je le laisse faire et que je trouve ça...bon ?

Malgré la ténacité de ma conscience, je ne suis plus totalement maître de mes gestes. Bill s'éloigne légèrement. Il embrasse vraiment comme un dieu ! Je me plonge dans ses yeux devenu encore plus sauvage qui descendent sur mon torse dénudé pour arriver au point plus sensible de mon anatomie, visiblement plein d'envies peu catholiques. Son regard fait monter une drôle de chaleur dans mon bassin. Ça me rend littéralement fou d'envie...

Envie qui ne va pas en diminuant lorsqu'il pose doucement le bout de ses doigts contre ma poitrine. Les deux, toujours face à face, c'est une situation étrange mais ... voluptueuse. Toujours pétrifié, je n'ose esquisser le moindre mouvement de peur de tout casser, bien que je meure d'envie de le prendre contre moi.

Comme s'il avait lu dans mes pensées, Bill me pousse brusquement de la main posée sur ma poitrine et je tombe sur le lit. Avec une sensualité que je ne lui connaissais pas, il s'agenouille sur moi, son bassin droit sur mon entrejambe et, promenant perversement ses doigts sur ma peau, il se penche vers mon visage. Dans une fébrilité étrange, je saisis se lèvres dans un baiser violent, les suçant, les mordants, les léchant tandis qu'il s'empare d'un de mes tétons et le triture. Je le plaque contre moi et le retourne, prenant les choses en main.

Bill est lui aussi torse nu, ce qui n'est pas pour me déplaire. Je regarde les fines courbes de son visage puis de son corps, remplaçant très vite le regard appréciateur par une langue experte. Par un parcours hasardeux, une de mes mains se retrouve sur son bassin que je caresse sensuellement. Je le sens frissonner alors que j'approche du point sensible. Je descends du lit sans arrêter la lente descente de ma bouche sur son torse. Un petit gémissement traverse ses lèvres alors qu'il devine la suite des évènements.

J'envoie valser contre le mur sa ceinture, détache son jeans serré qui laisse deviner son appréciation sur les événements et le fait légèrement glisser sur ses fesses, tirant du même coup son boxer.

A genoux maintenant, j'observe Bill, étendu sur le lit, les yeux fermés, la bouche légèrement ouverte. Il n'est peut-être pas le plus bel homme du monde, mais le charme qu'il dégage à ce moment est si fort, si suave, si sauvage qu'il compense. Je sens qu'il s'offre à moi, et cette idée dédouble mon désir. Je me jette avec avidité sur son érection, laissant libre cours à ma fougue. Il gémit de plaisir et soulève légèrement son bassin. Ses mains se glissent dans mes dreads et les caressent doucement. Je continue de le torturer, ne lui donnant jamais entière satisfaction. Ça le frustre, je le sens et je sais que la suite n'en sera que meilleure. Mon baggy me fait mal tellement j'ai envie de lui.

Je me retire, à bout de souffle. Bill ouvre les yeux et me regarde, plein de désir :
- Continue... » dit-il dans un murmure rendu rauque par le plaisir.

Je ne me le fais pas dire deux fois et commence par taquiner son sexe avec le bout de ma langue, avant de le prendre franchement en bouche et d'entamer des brusques va-et-vient qui lui arrachent des gémissements. Sa respiration devient saccadée. Il donne des coups de bassin de plus en plus puissant et, dans un dernier mouvement, il se libère dans ma gorge. Sa semence coule le long de mon cou. Je l'avale goulûment. C'est amer, je trouve ça immonde mais paradoxalement, j'adore. Mon excitation est à son apogée, je crois que je vais venir.

Remontant sur le lit, je me recouche contre Bill qui semble décidé à prolonger ma torture en frottant son érection contre la mienne. A bout, je saisis sa main et la pose droit sur mon entrejambe. Il a l'air d'apprécier mon initiative car il me libère enfin de mon baggy et me l'enlève avec mon boxer en deux temps trois mouvements, avant de faire de même pour lui. Nu, il se rassied juste avant mon bassin et m'embrasse sauvagement alors que ses mains s'activent au niveau de ma virilité. Les miennes sillonnent son dos en de légères caresses. L'une d'elles arrive à son fessier et je le prépare longuement, lui introduisant un, puis deux et finalement trois doigts.

Une fois qu'il est totalement détendu, je retire mes doigts et je les remplace par mon sexe. J'entre doucement, lui arrachant un petit cri de douleur, puis, lorsqu'il est habitué à ma présence, il commence à onduler du bassin. Je suis son mouvement, entamant une longue série de va-et-vient de plus en plus rapide. D'une main, j'empoigne sa virilité et le masturbe. Il gémit fortement, plantant ses ongles sur mon torse. Le voir prendre du plaisir est le plus beau spectacle qu'il ne m'a jamais été donné de voir. Je sens mon désir décupler alors qu'il murmure mon nom. Chacun de ses coups de reins me font décoller et j'atteins l'extase en même temps que lui. Il crie mon prénom. Je vole...

Lorsque je reprends pieds dans la réalité, le visage de Bill est juste devant le mien. L'étincelle sauvage dans ses yeux est devenue une flamme dévorante, comme si tout ce qui vient de se passer ne lui a pas suffit. Il commence à dessiner ma mâchoire du bout de la langue et atteint mon oreille. Il la mordille gentiment avant de me souffler :

- Laisse moi te rendre la pareille !

Avant que je n'ai pu dire quoi que ce soit, il est déjà entrain de s'occuper de moi, et d'une façon si divine que je ne peux lui refuser quoi que ce soit.

Après ce qui m'a semblé des heures de plaisir intense, on atteint à nouveau la jouissance. J'arrive au paradis quelques secondes avant lui...


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Le soleil commence à percer à travers la brume matinale. Ils m'effleurent, me titillent mais me réchauffent. Je commence doucement à émerger. Soudainement, je prends conscience d'un paramètre inhabituel. Une main est posée sur mon torse. Comme si on m'avait envoyé un électrochoc, je suis parfaitement réveillé. J'ouvre les yeux. C'est Bill. Il dort comme un bébé, le sourire aux lèvres.

Je me lève. Mal à la tête... Les contrecoups de l'alcool ! Alors que j'arrive à la hauteur de la porte, des flashs m'assaillent...

Bill.

Baiser.

Désir.

Jouissance.

Deux corps nus, l'un contre l'autre, encore tremblant à cause de leur plaisir...

Je me retourne brusquement, espérant de tout c½ur que toutes ces visions ne soient que le produit de mon imagination un peu trop fertile à mon goût. Pourtant, la vue du corps dénudé de Bill ravive mes souvenirs et une étrange sensation me saisit. Sans vraiment savoir pourquoi, je courre jusque dans la salle de bain, allume la douche, ouvre le robinet d'eau froide et me met sous le jet.

Putain... j'y crois pas ! J'ai quand même pas fait ça avec mon frère ?!? Déjà que c'est un mec, mais en plus c'est mon frère. Je me dégoûte...

C'est parce que j'étais ivre, ouais, c'est ça ! Sinon, je n'aurais pas fait ça. Et puis lui non plus d'ailleurs. Juré, je boirai plus jamais d'alcool !

Rassuré, je commence à me frotter énergiquement le corps comme si sous chacun de mes passages, j'efface lentement tous ses souvenirs de ma mémoire.

Pourtant, trop vivaces, ils n'en furent que plus fort...

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J'ai beau tout faire pour oublier cette soirée, déjà si lointaine...Je n'y arrive pas.

Suis-je donc condamné à revivre encore et encore chacun de ces instants ?

C'est comme pour la gêne que j'éprouve envers Bill qui visiblement ne se souvient de rien. On fait avec et on sourit.

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- Et les mecs ! regardez un peu ce que j'ai trouvé ! s'exclame Georg

Curieux de voir ce qu'il a encore réussit à dénicher sur Internet, je suis Gustave au fond du bus. Georg me tend l'ordinateur portable qu'il a sur les genoux avec un petit sourire pervers mais désabusé. Je me penche vers l'écran. Une image, un dessin visiblement. Moi et Bill en manga tout fin, avec un c½ur en arrière plan.

-J'en ai trouvé tout pleins ! ça s'appelle des yaoi si j'ai bien compris...Et visiblement, toi et Bill avez la côte pour ça !
Gusty me regarde bizzarement. Ah ouais, faut p'tetre que je fasse mine d'être choqué. Heureusement, Bill n'est pas là, il est avec notre manager je crois. Je n'aurais pas pu m'empêcher de placer une insinuation...

- Que de fans en manque....

Voilà, je me suis rattrapé !

L'activité du reste de l'après-midi consiste donc pour Gusty et Georg de trouver les fictions les plus cocasses et cochonnes du monde. Bien sûr, Bill et moi en sommes toujours les principaux protagonistes. Ah, misère !

Heureusement, l'arrivée de mon frère me sauve de leurs commentaires stupides. C'est lui qui en est la cible maintenant. Je ne peux pas m'empêcher de noter son rougissement discret lorsqu'il lit un passage plutôt....osé traitant de nutella et de farine. Heureusement, cette fois ces fans en furie se sont attaqués à d'autre que nous, aux membres du groupe Nevada Tan. Sait-il que nous avons fait la même chose ? D'ailleurs, il rougissait aussi, peut-être pas pour les mêmes raisons...

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Le soir venu, je m'éclipse pour aller me réfugier dans ma chambre, prétextant une fatigue soudaine. Le voyage jusqu'à la maison à été le plus du monde, mais bon, je suis chez moi maintenant. C'est tout ce qu'il me faut. Même allongé sur mon lit, je n'arrive pas à dormir. Dès que je ferme les yeux, l'image de Bill rougissant de plaisir me revient en tête.

Mais qu'est-ce qui va pas chez moi ?!?

Pourquoi est-ce que je fantasme sur mon frère ?

J'ai vraiment un problème !

Je dois absolument me changer les idées, et pour cela, je ne connais qu'un seul moyen.

Trois minutes plus tard, je suis assis sur le rebord de ma fenêtre, les pieds balançant dans le vide entrain de gratouiller ma guitare sèche. Rien que le bois contre ma peau nue me calme.

Petit à petit, mes doigts commencent à se déplacer instinctivement sur les cordes. Une mélodie que j'ai composé il y a peu retentit dans la pièce. In die Nacht, bien sûr.

Je joue doucement, y mettant mes émotions refoulées. Petit à petit, des larmes commencent à rouler sur mes joues. Je les ai retenues trop longtemps, fallait bien qu'elles sortent un jour. Je plaque le dernier accord de la chanson et je pose ma tête contre le cadre de la fenêtre. J'ai l'impression d'avoir le poids du monde sur mes épaules.

Mes larmes continue de dévaler mon visage. Je comprends maintenant le typique « ça fait mal » des histoires à l'eau de rose. C'est pas une douleur physique ni morale. C'est quelque chose qui vous attire au fond d'un gouffre, quelque chose qui vous empêche de rire et qui vous force à pleurer. Bref, ça fait mal.

- Ich höre... wenn du leise schreist ...
J' entend quand tu cries faiblement

Spüre jeden Atemzug von dir..
Je sens chacun de tes souffles



Sa voix tremble, mais il est là. Je sens sa présence dans mon dos. Son regard semble me transpercer. Je reprends, sachant qu'il ne sert à rien de lui cacher mon malheur.

- Halt mich ... Sonst treib ich alleine...In die Nacht
Tiens-moi....Sinon je dérive
seul dans la nuit


Ses bras s'enroulent autour de mon cou et ses cheveux viennent me chatouiller la gorge. On chante en ch½ur :


- In mir
En moi

Wird es langsam kalt
Tout est devenu froid

Wie lang
Combien de temps encore

Können wir beide hier noch sein
Pourrons-nous les deux rester ici


Bleib hier
Reste ici

die Schatten wollen mich holen
Les ombres veulent m'attraper

Doch wenn wir gehen
Mais si nous partons

Dann gehen wir nur zu zweit
Alors seulement tout les deux


Du bist
Tu es

Alles was ich bin
Tout ce que je suis

Und alles was durch meine Adern fließt
Et tout ce qui coule dans mes veines

Immer werden wir uns tragen
Nous nous soutiendrons toujours

Egal wohin wir fahren
Peu importe où nous allons

Egal wie tief
Peu importe la distance


Ich will da nicht allein sein
Je ne veux pas être seul ici

Lass uns gemeinsam
Restons ensemble

In die Nacht
Dans la nuit

Irgendwann wird es Zeit sein
Nous aurons le temps

Lass uns gemeinsam
restons ensemble

In die Nacht.
dans la nuit


Ich höre wenn du leise schreist
J'entends quand tu cries faiblement

Spüre jeden Atemzug von dir
Je sens chacun de tes souffles

Und auch wenn das Schicksal uns zerreisst
Et même si le destin nous déchire

Egal was danach kommt, das teilen wir
Peu importe ce qui arrivera, nous le partagerons


Ich will da nicht allein sein
Je ne veux pas être seul ici

Lass uns gemeinsam
Restons ensemble

In die Nacht
Dans la nuit

Irgendwann wird es Zeit sein
Nous aurons le temps

Lass uns gemeinsam
restons ensemble

In die Nacht.
dans la nuit


In die Nacht
Dans la nuit

Irgendwann
N'importe quand

In die Nacht
Dans la nuit

Nur mit dir zusammen
Simplement ensemble


Halt mich
Tiens moi

Sonst treib ich
Sinon je dérive

Alleine
Seul

In die Nacht
Dans la nuit


Nimm mich mit
Prends moi

Und halt mich
et tiens moi

Sonst treib ich
sinon je dérive

Alleine
seul

In die Nacht
Dans la nuit


Ich will da nicht allein sein
Je ne veux pas être seul ici

Lass uns gemeinsam
Restons ensemble

In die Nacht
Dans la nuit

Irgendwann wird es Zeit sein
Nous aurons le temps

Lass uns gemeinsam
Restons ensemble

In die Nacht.
Dans la nuit


Du bist alles was ich bin
Tu es tout ce que je suis

Und alles was durch meine Adern fliesst.
Et tout ce qui coule dans mes veines.


Je sens quelque chose de froid atterir sur mon épaule.

- Tu te souviens de tout, hein ? chuchote-t-il

- Oui...

Je me retourne et le serre contre moi. On a souffert les deux pendant tout ce temps...sans savoir les sentiments de l'autre, sans comprendre, face à face avec notre réalité.

Il fait trop sombre pour que je distingue quoi que ce soit, mais je sens ses lèvres effleurer les miennes. Je l'embrasse, incapable de me retenir plus longtemps. Au goût salé qui envahit ma bouche, je devine qu'il pleure.

- Pourquoi 'Omy...?

Sa voix n'est qu'un murmure.

- Pourquoi ce qu'on fait est interdit?

Je ne peux pas lui répondre. Moi-même, je ne sais pas.

- Pourquoi on ne peut simplement pas...s'aimer.

Sa voix se casse sur cet aveu. D'un geste du pouce, je lui esssuie ses larmes avant de lui déposé une myriade de baisers sur le visage:

- Faudra plus qu'un simple interdit pour m'interdire de t'aimer... !

Il sourit.

Il a comprit.

Même si cet amour est interdit,

Même si on doit se cacher,

On s'aimera.
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Ich will da nicht allein sein
Je ne veux pas être seul dans la nuit

Lass uns gemeinsam
Restons ensemble

In die Nacht
Dans la nuit

Irgendwann wird es Zeit sein
Nous aurons le temps

Lass uns gemeinsam
Restons ensemble

In die Nacht.
Dans la nuit


Ich höre wenn du leise schreist
J'entends lorsque tu cries doucement

Spüre jeden Atemzug von dir
Je sens chacun de tes souffles

Und auch wenn das Schicksal uns zerreisst
Et même si le destin nous déchire

Egal was danach kommt, das teilen wir

Peu importe ce qui arrivera, nous le partagerons


0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0


Auteur: Naeloj

Pix' : Naeloj


# Posté le lundi 04 février 2008 11:50

Modifié le jeudi 07 février 2008 11:46

[Panik] De Nevada Tan à Pan!k, la vrai raison.

 [Panik] De Nevada Tan à Pan!k, la vrai raison.


De Nevada Tan à Pan!k, la vraie raison



« Vous comprenez le concept ? »

Tous les membres de Nevada Tan, surtout Jan et Timo, étaient état d'étonnement extrême.

« Vous vous foutez de nous ! »
s'exclama Timo. « Hors de question qu'on fasse les tafioles pour faire parler de nous ! On n'est pas Tokio Hotel !!”

« Justement Tokio Hotel, ça a marché! Et de toute manière, ce n'est pas un choix. Avez-vous oublié que si vous ne devenez pas n°1 des ventes en Allemagne, vous devez abandonner la musique... »

Jan regarda Timo, septique. Ils se connaissaient depuis longtemps, étaient de bons amis, mais devenir amants... même juste pour les médias. Cela lui paraissait impossible, bien qu'il savait qu'il devrait s'y résoudre tôt ou tard.

Timo était horrifié. Ses petits papillonnages à droite à gauche avec ses fans n'étaient un secret pour personnes et cette rumeur salirait sa belle réputation...

Il se leva et sortit sans un mot. Malheureusement, lui aussi avait conscience qu'il n'avait pas le choix. Jan soupira et sous les regards des autres membres du groupes, il sortit pour rejoindre le rappeur.

Dans la salle, les autres musiciens attendaient leur retour. Un silence pesant régnait dû aux fréquents regards noirs dirigés vers le manager qui, lui, souriait cyniquement. Après une longue attente, Jan revint un chouillas désespéré.

« Quelle tête de mule ! »

Il s'affala sur le canapé et soupira.

« Essayez de lui faire renoncer pendant quelques jours aux doux plaisirs des filles et vous verrez sa réaction... Au fait, il a détruit ton portable Eddy ! »
lança-t-il d'un ton badin.

Ledit producteur se leva instantanément et alla retrouver l'auteur du crime, sans succès. Seuls, les membres du groupes laissèrent exploser leur colère :

« C'est quoi cette manipulation ?! »
cria David dès que la porte de la salle se referma.

« N'importe quoi cette idée... » ajouta Linke « Il y a bien d'autres manières de vendre des CDs. Non ? »

« D'autant plus qu'aucun membre des Rollings Stones ni de Queen n'a ce genre d'orientation et tu as vu où ils sont arrivés ?! »

La consternation générale fut réalimenter par l'arrivée de Timo fuyant un producteur en colère.

« Jan, si tu me touche... »

« Désolé Timo, t'es très sexy, mais t'es pas mon style. »

« Pfff... »

« Ecoutez les gars, c'est la faute d'aucun de vous, arrêtez vos gamineries. On a un plus sérieux problème là ! » souligna Juri.

« Et lequel ? »

« On s'en fout de qui trouve sexy qui, en ce moment ! Je te rappelle qu'on a un producteur furieux qui veut que vous deux », continua Juri en pointant Jan et Timo du doigt. « vous jouiez les homos en public. »

« C'est pas la mort, non plus ! » dit Franky pour calmer le jeu.

Mais ce fut l'inverse qui se passa. Timo se leva, s'approcha de Franky et lui cracha :

« Alors prend ma place de tapette ! »

« Toute manière, comme nous l'a dit Eddy, on a aucun choix là-dessus, faudra que tu te fasse à cette idée. »

Jan, qui n'avait encore rien dit, se leva :

« On en reparlera demain. Maintenant, il est trop tard. »

Ils se levèrent un à un et partir se coucher.
Jan, seul, allait sortir lorsque Eddy revint en compagnie de Lalo.

« Attends, Jan, on a une proposition à te faire ! »

« Mhmmm... Quoi encore !? »
murmura-t-il exaspéré.

Eddy s'assit à sa place de « grand producteur » et commença à jouer avec ses stylos. Voyant qu'il lui laissait tout le sale boulot, Lalo leva les yeux au ciel mais dit :

« Il a pensé que tu aurais moins de peine à convaincre Timo avec ceci. »

Il glissa une feuille en sa direction. Jan la prit et manqua de s'étouffer.

Un chèque !!!

Eddy rajouta qu'il en recevrait un chaque mois à compter du jour ou Timo adhérait à leur point de vue. Jan fit mine de réfléchir. Il savait que quoi qu'il fasse, Timo devrait bien jouer son rôle, sans quoi il signait la fin du groupe et vu qu'il y était énormément attaché, c'était improbable. Tant qu'à faire, il préféra prendre le chèque. Un peu d'argent n'avait jamais fait de mal à personne.

« Ne vous en faites pas ! » dit-il en sortant.

Il alla dans sa chambre et s'endormit le chèque sur sa table de nuit.


Le lendemain, à la première heure, Timo toqua à sa porte. Il ouvrit la porte à la volée et alla s'asseoir sur le lit de Jan. Un morceau de papier, posé sur la table, attira son attention. Il le prit et lu :

« Putain, Jan, tu t'es fait acheté par ces salops ? »

Jan releva sa tête encore tout endormi, la reposa et souffla un :

« Rien à voir... »

« Et c'est quoi ce chèque ? Un cadeau de ton père ? »
s'énerva Timo.

Jan se releva, se frotta les yeux et s'extirpa de son lit, laissant à Timo une vue imprenable sur son torse.

« Je vais t'expliquer... »

« Il y a rien n'a expliquer connard ! »
l'interrompit Timo.

« Ecoute-moi, s'il te plait. »

« Parle alors ! »

« Eddy et Lalo me l'a donner hier, j'ai accepter pour une seule raison : les quitter et avec l'argent amassé, s'auto-produire. »

Cette idée était le fruit d'une nuit entière de refléxion. Jan avait vu sa conscience se manifester après avoir accepté le chèque et, plein de cuplpabilité, avait réfléchi à comment l'utiliser.

« Mouais, c'est ça, invention sur le moment ? »

« Timo, je sais que tu m'en veux parce qu'on va devoir jouer un rôle qui ne nous plait pas, mais je n'y suis pour rien. Et en prenant cet argent, j'ai pensé d'abord à toi ! »


Le rappeur ne répondit rien. Il savait que Jan ne lui mentirait pas sur un sujet si sérieux et il devait admettre que son idée était de loin meilleure que celle de le tuer dans d'atroces souffrances !

Il s'étala sur le lit encore chaud et soupira. Jan en profita pour sauter sur lui, lui coupant le souffle.

« Putain mais t'es lourd ! Fais un régime blondinet. »

« Pfeuh, c'est pas ma faute si t'es un gringalet... »
répliqua malicieusement Jan.

La discussion se finit sur une bataille d'oreiller plutôt mouvementée. C'est sur ces entrefaits que Linke entra dans la chambre.

« Un amour de petit couple ! » nargua-t-il

Il se ramassa deux oreillers pour toute réponse.

« Bon, il va falloir que je me recoiffe pour l'interview à cause de vous... »

« interview ? Quelle interview ? »
s'étonna Timo

« Celle qui commence dans vingt minutes ! »

Et soudain, se fit comme si la troisième guerre mondiale avait éclaté. Timo se leva en [tente de comprendre la signification des gestes d'Aly...] en trombe et couru a l'extérieur de la chambre.

Jan se leva simplement et s'approcha de sa commode. Il s'habilla sous les yeux de Linke.

« J'y vais, je dois me recoiffé. »

Jan sortit de la chambre lorsqu'il finit de s'habiller et descendit dans la salle ou avait lieu l'interview. Il y avait déjà David, Franky et Juri. Il s'assit sur une chaise et attendit que le reste du groupe arrive.

Après quelques minutes d'attentes, un journaliste entra suivit de Linke, tout bien coiffé. Lalo aussi était de la partie, Eddy étant entrain d'inventer un projet fumeux basé sur la prétendue homosexualité de Timo et Jan. Seul Timo manquait toujours à l'appel.

L'attente commençait à devenir longue lorsqu'il entra et alla s'asseoir à côté de Jan, sans se soucier des regards étonnés fixés sur lui. Il fallait avouer que sa superbe chemise rose entrouverte décadrait fortement avec l'image du Timo qu'ils avaient l'habitude de fréquenter. Le journaliste n'avait rien remarqué, visiblement pas spécialiste du groupe.

Après un certain nombre de questions habituelles, le journaliste dit:

« Et vous êtes le plus proche de qui dans le groupe ? »

Timo prit toute de suite la parole :

« Tout dépend de quelle façon vous voulez parlez... » le sous-entendu était énorme et le journaliste rougit. Timo, content de son effet, continua :

« Je pense que je suis plus proche de Jan... C'est tellement difficile de ne pas l'aimer ce gros nounours ! »

Jan, rouge de gène, comprit que Timo avait décidé d' « obéir » aux producteurs. Il entra dans le jeu de son ami et rit :

« Timo ! T'es incorrigible ! Mais en même temps qui ne voudrait pas protéger ce petit gringalet si mignon ! »

Les autres regardaient la scène sans bien comprendre que tout était chiqué. Pourtant, ils ne devaient pas les contredire pour ne pas montrer au journaliste une quelconques divergences au sein du groupe.

« C'est sûr, ces deux sont toujours fourrés ensemble ! » s'exclama Franky

Les autres s'exprimèrent sur la question, sans jamais contredire Timo et Jan. Ils finirent leur interview, toujours attentif à leurs dires.

Le lendemain, le titre d'un petit journal de rock français était :
« Après Tokio Hotel, Nevada Tan...
Le rock allemand, condamné à être homo! »

Mais Eddy n'était pas content, il en fallait plus. Toujours plus ! Timo et Jan durent laisser la place aux gestes, les paroles ne suffisant plus. Au départ, cela leur avait semblé bizarre puis c'était devenu une habitude. Parfois, ils leur arrivaient même de se comporter de façon trop proche en privé mais même pour les autres membres du groupe, c'était devenu monnaie courante. Et c'est ainsi qu'ils virent un énorme scandale se former autour de leur soi-disant couple. Leur album se propulsa haut sur le hit-parade, sans qu'ils n'atteignent la première place.

Un soir qu'ils n'avaient pas de concert, les six Nevada Tan étaient confortablement installés dans leur bus pour regarder un film sur l'ordinateur portable de Linke [ parce que c'est le plus beau et Aly' a le même]. Ils regardaient sans grande conviction et pour une millionième fois la trilogie du Seigneur des Anneaux. Il fallait avouer que c'était à peu près la seule chose à faire dans le bus.

« Un soleil rouge se lève, beaucoup de sang a dû couler cette nuit.. »

« Mais non, Arwen avait ses règles ! »
contredit David d'un ton scientifique.

« T'es stupide... ! Mais c'est bien trouvé ! »
rit Timo.

« c'est dommage que personne à part toi ne puisse admirer mon génie. » soupira le guitariste en contemplant les autres membres endormis.

« T'imagine même pas comme Jan est lourd. »

En effet, la tête de Jan avait gentiment élu domicile sur l'épaule de Timo et le reste de son corps était entièrement appuyé sur celui-ci. Il se déplaça gentiment de façon à avoir sa tête posée sur les genoux et déposa la main sur son épaule.

«C'est impressionnant comme vous vous êtes rapprochés ces derniers temps, avec ces histoires, mais c'est bientôt fini. »

« Ouaip, c'est vrai ! »

« Et tu sais jusqu'à quand vous devrez jouer à ça, avec votre argent ? »

« Non, mais je suis plus pressé que ça finisse ! »

« Ah ouais ? »

« Ouais, ça me plait maintenant ! J'aime bien être aussi proche de lui. J'ai pas envie que ça s'arrête... »


David sourit. Il connaissait Timo depuis longtemps, presque aussi bien que s'il l'avait fait lui-même. Et cet aveux ajouté aux regards tendres et autres gestes trop doux pour être normaux ne faisait que confirmer ses soupçons.

« Tu l'aimes ? »

« Un mec ? »
s'étonna-t-il

« T'as un problème avec ça ? »

Jan bougea dans ce que Timo croyait être son sommeil et dit d'une voix pseudo ensommeillée qu'il allait se coucher. Il se leva et partit, sans un regard pour Timo ni David. Une fois qu'il fut parti, David réattaqua :

« Alors, ça te pose un problème ? »

« Oui... ! Non... ! J'sais pas, j'y ai jamais pensé moi ! j'ai pas de problème avec les homos mais de là à l'être, c'est différent ! »
répondit Timo, confus

« Réfléchis-y ! Si tu connais la réponse, tu me la donneras ! »

David se leva, éteignit l'ordinateur de Linke et alla dormir, laissant Timo et ses pensées. Celui-ci, après quelques minutes de réflexion, monta dans sa couchette, et s'endormit tourmenté par la question de David.

La fin de la semaine fut une longue torture pour lui, observant Jan la plupart du temps afin de démêler ses sentiments. Pourtant ce dernier ne laissait rien paraître. Ses gestes paraissaient naturels, mais toujours contrôlés.

Les journaux commençait à se lasser des interviews équivoques, sans jamais avoir de preuves concrètes. Eddy, pour remédier à ce problème avait trouvé une idée.

« QUOI ! »
hurla Jan

« Oui, des gestes plus explicites, voire même du vraiment explicite ! On pourrait vous surprendre en flagrant délit! On pourrait profiter d'ailleurs de la séance « dans l'intimité du groupe » de cet après-midi ! »


Timo resta muet. Il ne savait déjà pas bien quoi penser de ses sentiments envers le DJ mais s'il fallait en plus rajouter l'aspect physique à cela, il sentait que tout allait devenir de plus en plus confus.

« Bien sûr, » continua Eddy, « vous pouvez être sûr d'avoir un petit plus ! » Le producteur prit un air de conspirateur et posa deux chèques sur la table. Comme le groupe marchait de mieux en mieux et que les photos officielles se vendaient bien grâce au scandale, le cachet était devenu plutôt important.

« Bien... » murmura Jan en lorgnant sur les p'tits bouts de papier.

Timo ne pipa mot, ne sachant s'il devait être content ou horrifié à l'idée de devoir.... Toucher....Jan. La boule au ventre, il quitta le bureau après que Jan aie prestement empoché le trésors.

« ça te dit d'aller prendre un café au Starbucks ? »
proposa le blond

Timo acquiesça.

Ils se dirigèrent vers le Starbucks le plus proche et commandèrent leurs cafés. Une fois attablés, Timo demanda à son ami comment il comptait s'y prendre pour appliquer les consignes d'Eddy.

« Je ne sais pas. Je veux bien faire un peu semblant mais là, ça va trop loin ! Ma grand-mère lit tout les magazines de rock ou elle voit mon nom et je pense pas que nous voir à moitié à poil est une bonne chose pour son c½ur ! »

« ouais t'as raison ! Sinon on peut faire un truc « soft », comme si c'était pas vraiment voulu ! »


Jan sirota un peu de sa boisson, observant Timo comme s'il cherchait à comprendre ce dernier.

« Comme ? »

Timo releva les yeux et fixa de manière un peu trop insistante la bouche de Jan avant de se pencher, un peu d'abord, puis plus et enfin déposa ses lèvres sur celle du Dj. Jan dut admettre que c'était le meilleur des baiser qu'il avait jamais eut jusqu'à présent. La réputation de coureur de Timo prenait tout son sens sous son regard ardent et son baiser électrique !

Jan en redemanda lorsque Timo fit mine de s'éloigner mais le repoussa quelques secondes plus tard en se rendant compte qu'il embrassait son ami. Ce fut Timo qui rapprocha le visage Jan en l'attirant de son index sous son menton pour l'embrassé doucement. Jan eut un mouvement de recul. Il s'affala sur sa chaise et dit simplement :

« T'es sûr ? »

Timo baissa les yeux sur son café et tourna sa cuillère sans dire un mot. Il vida sa tasse d'un trait. Puis il se leva et dit :

« Désolé, je vais y allé. On se retrouve à l'hôtel... »

« Ouais...on verra ! »

« Je te rappelle qu'on est censé être un couple ! »

« Je te rappelle que c'est que devant les journalistes et que ni moi....ni toi....n'aimons les mecs ! »


Il avait craché le « toi » comme si dire cela le répugnait au plus haut point. Timo eut mal sans trop savoir pourquoi. Il partit donc sans regarder en arrière. S'il l'avait fait, il aurait pu voir l'air désespérément triste de Jan...

Une fois rendu à l'hôtel, Timo alla se coucher, la tête encore empli des sensations qui lui avait fait tourné la tête lors du baiser. Une légère chaleur envahit le bas de ses reins alors qu'il se remémorant la vague de frissons qui l'avait parcouru de pied en cap.

C'est a ce moment que David entra, ayant senti le malaise de son ami. Il s'assit à côté de celui-ci et lui demanda calmement :

« Il s'est passé quoi ? Et ne me dit pas qu'il n'y a rien, t'as vu ta tête ?!? »

Timo ne répondit pas tout de suite, cherchant ses mots.

« Eddy veut que Jan et moi passions aux actes après la paroles ! Il veut que nous soyons surpris entrain de faire..des choses par les photographes de cette après-midi. »

Il y eut un temps. David savait qu'il n'avait rien à dire s'il ne voulait pas que son ami s'interrompe dans ses confessions.

« Ensuite on est allé boire un truc et on en a discuté. On a décidé de faire un truc soft et à ce moment je l'ai embrassé....et...Oh putain ! »

« Et... ? »

« Et...c'était vachement bien ! »
avoua Timo, honteux.

« Et ...? »

« Après Jan a voulu m'embrassé de nouveau, et quand je l'ai embrassé il m'a repoussé comme si je le dégoûtait et il m'a dit que de toute manière aucun des nous aime les hommes. Et je suis parti... »

« Et... ? »

« Bein il n'y a rien de normal à tout ça ! Je ne devrais pas avoir aimer l'embrasser, je le dégoûte et ça me déprime ! »
s'exclama Timo.

« Mais c'est tout a fait normal. T'as aimé l'embrasser comme t'as aimer embrasser :Diana, leila, Ingrid, Silke, et toutes les autres que je ne connais pas. »

« Mais c'est un mec, merde ! »

« Et alors ? »

« Mais... !Mais... ! »


Timo était au bord des larmes, totalement perdu et dépassé par les évènements. Il regardait David comme s'il était sa seule amarre dans le chaos que sa vie était devenue.

« J'y comprends plus rien... » murmura-t-il, désemparé

Alors qu'il avait toujours lutté pour paraître fort et maître de lui-même, Timo laissa des larmes couler le long de ses joues. Tout ce qu'il avait refoulé au fond de son esprit durant ces dernières années commençait à ressortir. Jan avait été la goutte qui avait fait déborder le vase.

Comme quoi, même les hommes peuvent pleurer sans pour autant être faibles.

David posa sa main sur son épaule mais ne dit rien. Il fallait juste que Timo s'accepte, et pour cela, seul le temps avait du pouvoir...

Harassé par tant d'émotions, le rappeur s'endormit sous le regard attentif de David. Il ne put donc pas remarquer que Jan regardait David depuis l'entrebâillement de la porte. Seulement le guitariste, lui, avait très bien perçu le regard noir du blond et avait donc compris qu'à force de se chercher, les deux amis allait finir par se trouver un jour !

L'après-midi qui suivie fut calme. Les reporters étaient sympa, pas trop agressif ni trop envahissant, enfin si un reporter peut ne pas l'être ! Les petits gestes affectueux entre Timo et Jan avaient disparus et Eddy ne manqua pas de le leur faire remarquer avec un regard des plus noir.

Lors de la photo de groupe, Timo savait bien qu'il devait faire quelque chose avec Jan. Il posa sa main sur le ventre de ce dernier. Mais celui-ci lui pris la main et lui la plaça sur son entre-jambe. Il regarda Timo et dans un sourire lui fit un clin d'½il. Il tourna la tête, et Timo dut ignorer le palpitement un peu trop présent à son goût qui avait pris possession de son bas-ventre...

Une fois la photo prise, il la retira bien vite, craignant des réactions légèrement gênantes de son corps... Mais il remarqua que c'était trop tard et se leva dissimulant la bosse sous son t-shirt. Il sortit de la salle pretextant un besoin urgent et se dirigea vers les toilettes.

Jan avait très bien compris de quoi venait le comportement de Timo et rit en silence. David se rapprocha de lui et lui dit sur un ton qui se voulait provocateur :

« Content de toi ? »

« Absolument ! »
dit-il dans un sourire.

« Tu sais Timo est mon meilleur ami, rien de plus ! Alors quand il pleure, je ne peux rien faire d'autre que le consoler. »


Il se retourna et partit, laissant Jan seul avec sa perplexité. Après quelques minutes, Timo revint, calmé. Il passa devant le Dj et lui glissa :

« J'espère pour toi que la photo est bonne ! »

« Si c'est à refaire, il n'y a pas de problème ! »
assura-t-il

Timo soupira et continua son chemin pour aller discuter avec David et Franky, sous le regard jaloux de Jan.

« Je sors ! » dit tout fort Jan pour que les autres membres le sache.

Timo ne s'était même pas retourné, ne voulant pas affronter le regard de Jan.

Le reste de la journée passa vite, Timo et Jan s'évitant le plus possible.

La photo fut publier la semaine qui suivit et Jan profita de cette occasion pour parler avec Timo. Ils discutaient peu depuis une semaine, juste l'indispensable, juste les choses qu'un couple doit se dire. Pour les gestes ? Tout se résumait à des petites attentions. Mais les vraies attentions de Jan manquait à Timo.

Un jour, sans signe avant coureur, Jan arriva en trombe dans la chambre de Timo et lui dit simplement :

« Timo, faut qu'on parle ! »

Cette phrase qui pouvait faire si peur, soulageait le jeune homme. Il se leva et après un bref sourire se dirigea vers Jan, une légère boule au ventre.

« On en parle ou ? »

« Au Starbucks ? »


Le rappeur acquiesça et suivit le Dj après avoir enfilé une veste. Il avancèrent côte à côte sans un mot jusqu'au Starbucks. Ils s'assirent dans le coin le plus acculé possible après avoir commander leur boisson. Jan n'avait visiblement pas très envie de commencer à discuter, les yeux plongés au fond de son verre. Timo finit par prendre la parole :

« Tu voulais parler de quoi ? » dit-il sur un ton détaché.

« Fais pas comme si tu savais pas ! » s'indigna Jan. « Tu sais... Cette histoire de producteur stupide a pourri notre relation... Mais sous peu c'est fini, on a presque assez d'argent pour réussir à s'auto produire. En plus, Linke chercher un nouveau manager. »

« Jan... Pourri notre relation ? je vais te dire, c'est pas moi qui t'ai repoussé ! C'est pas moi qui t'allume et qui fuis la réalité ensuite... C'est pas toi qui assume pas d'être bi... T'as le beau rôle ! Tu te la coule douce alors que moi, ça fait plus de trois mois que je suis mal, que je t'attends... Tu te crois vraiment malin, toi et tes gestes attentionnés, tes remarques et tes sous-entendus ? Franchement, non, tu l'es pas ! »


Jan était choqué. Il s'attendait bien à ce que Timo réagisse, mais certainement pas si fort.

« Oh ne vient pas me dire que c'est de ma faute ! Je te signale que j'étais pas contre mais que c'est toi qui ne voulait pas ! Et qui est-ce qui discute avec ce cher David en affirmant qu'il n'aime pas les hommes hein ? Tu m'envoies deux messages ! Tu veux que je fasse quoi moi ?!? »

« Je te dis que je m'assume pas ! C'est pas de ma faute ! Je viens te dire que tu me fais de l'effet et toi qu'est ce que tu viens me dire ? « tu m'envois deux messages ! » Mais oui, trouve toi des excuses ! On en a pas, ni toi, ni moi. On est là, comme des cons, à ce gueuler dessus, alors que... »


Timo s'arrêta net en voyant le regard plus qu'insistant de Jan focalisé sur sa bouche. Il n'eut pas le temps de dire « quoi » que celui-ci commençait déjà à l'embrasser. Les mêmes sensations que leur premier baiser l'empli en plus fort. Le désir les avait multipliés de façon un peu trop conséquente.

Jan s'avança sur la table, renversant sur son passage, le café de Timo. Il le releva en quatrième vitesse et le reposa sur la table loin de leurs torses. Jan passa sa main par dessus la table et attira Timo contre lui. C'est à cet instant qu'il aperçut un flash venant du fond de la salle. Leur job était fait.

Il se décolla donc de Timo, se leva et partit. Timo qui, lui, ne comprenait plus grand chose. Il décida pourtant de le suivre et remarqua qu'il était rentré à l'hôtel. Il rentra donc lui aussi, résistant à l'envie de revenir en arrière et de tuer le paparazzi. A l'intérieur, il n'avait envie de parler à personne. Il alla donc dans sa chambre et s'étala avec bonheur sur son lit. Pourtant, quelqu'un osa le déranger en toquant à la porte.

« Ouais ? »

« Je peux entrer ? »

Il reconnut la voix de David et le fit entré. Mais il n'était pas seul.

« Jan ? »

« Je te le ramène, il était au bar, seul et triste ! Je crois que sa place n'était pas sur le siège du bar ! »

« Merci, Dav' ! »


Il sortit de la chambre en silence, laissant Jan, devant la porte. Le silence était pesant et il fallut que Jan dise qui allait dormir pour que Timo lui dise :

« Non, reste ! »

« Mais, tu vois rien qu'on a rien à se dire ! »

« Même, je veux que tu reste vers moi ! »


Il tapota sur son lit à côté de lui. Jan vint s'y asseoir. Timo se recoucha sur son lit, et Jan en fit de même.

« Tu crois que c'est quoi notre problème ? » questionna Timo les yeux fermés.

« Va savoir... » répondit Jan en tournant sa tête du côté de l'autre garçon. Comme ça, sans vraiment être sur lui, il entendait les battements régulier de son c½ur et cela le berçait. Après quelques minutes de silences, il semblait si calme que Timo pensa qu'il dormait.

« Mon problème à moi tu sais....c'est qu'en plus d'être bi, je crois bien que je t'aime...Mais peut-être que ce ne que passager ! En tout cas, c'est plus que tout ce que j'ai connu jusqu'à maintenant ! » souffla-t-il

A la fin de sa phrase, Jan se blottit contre lui et soupira. Timo passa un bras autour de lui et sombra dans les affres du sommeil.

Ils se réveillèrent en sursaut au milieu de la nuit, lorsqu'un grand bruit retentit dans l'hôtel.

Jan se leva sur ses coudes et dit d'une voix éveillé :

« C'était quoi ça ?! »

« J'sais pas, je m'en fous. »


Jan se recoucha et pris Timo dans ses bras.

« Putain, j'ai plus sommeil !! »
dit Jan après quelques minutes.

« Viens là ! » dis Timo en l'embrassant, toujours les yeux fermés.

Jan, qui aimait bien mieux se faire embrasser par Timo qu'attendre en contemplant le plafond pendant que celui-ci dormait, fit du mieux qu'il put pour attirer son attention sur lui plutôt que sur son oreiller. Après quelques minutes, Timo était parfaitement réveillé et embrassait Jan à corps perdu. Trois mois d'attente et enfin un peu d'action. Il apprécia même les mains baladeuses de Jan, qui s'arrêtèrent en dessus de son boxer, ne voulant aller trop vite.

Il déposa une myriade de petit baiser le long de son cou pour arriver à sa clavicule. Gêné par le T-shirt du brun, il l'enleva bien vite, vite suivit du sien car Timo ne restait pas inactif. Timo se retourna et se mis sur Jan. Il lui caressa le torse tout en lui embrassant le cou. Il revint à sa bouche et y déposa un long et doux baiser. Il se retourna entraînant dans son élan Jan. Ce dernier posa sa tête sur son torse.

Le lendemain matin, ce fut un David tout content qui les trouva tout emmêlés dans un lit tout endormis. Lorsqu'il remarqua qu'ils n'avaient visiblement pas fait que dormir (au vu des T-shirts qui avaient été envoyés valdingués à travers la pièce), il se retira et interdit aux autres l'accès à la chambre sans expliquer pourquoi bien que la raison soie logique.

Ils se réveillèrent en douceur quelques heures plus tard, loupant par la même occasion un interview télévisé (ce qui, selon Eddy, était un magnifique cadeau tombé du ciel !). Gênés par les souvenirs que la nuit leur avait laissés, Jan et Timo n'osèrent pas reprendre leur discussion et évitèrent tous contacts physiques. C'est seulement après s'être malencontreusement bousculés pour aller dans la salle de bain que Jan osa nicher sa tête au creux de l'épaule Timo lorsque celui-ci se lavait les dents. Une fois que Timo fut enfin près, il rejoignit le blond sur son lit :


« Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? »

« Je sais pas....en tout cas aux yeux des médias, je te jure qu'il va tout de suite falloir démentir notre pseudo couple, sinon ça va être l'enfer ! »
dit Jan

« Moui, et d'ici la fin de la semaine, Tout ça ne sera qu'un mauvais souvenirs ! »

« Tout ça quoi? »

« Eddy, Lalo,... »

« Et ? »

« Et rien ! »
s'exclama Timo

« Je m'attendais à un « et nous » !»

Timo eut un air déconfit qu'il camoufla vite :

« Si tu veux qu'on fasse partie du mauvais souvenir.... »

Il détourna les yeux et regarda par la fenêtre. Il pleuvait...Génial !

Jan s'approcha de lui et déposa un léger baiser sur sa joue.

« ça fait partie des très bons souvenirs et de l'avenir aussi, j'espère... »¨

« Tiens, monsieur est romantique ! »
se moqua gentiment Timo avant d'embrasser langoureusement le beau blond qu'il avait en face de lui.


Naeloj & Aly'___________

# Posté le mercredi 02 avril 2008 22:47

Modifié le mercredi 02 avril 2008 23:43

[Harry Potter] Dites-moi


Dites-Moi


Dites-moi que c'est faux. Dites-moi qu'on ma menti.

Dites-moi qu'il n'est pas parti.

A moi qui ne croit pas en dieu, on a dit qu'il était parti avec les anges.

A moi qui ne croit pas au diable, on m'a dit de ne pas m'inquiéter, qu'il était trop bon pour aller en enfer.

Je le sais bien qu'il est bon! Il est la définition même de la bonté.

Je ne crois pas en dieu. Mais lui, c'est un ange. Mon ange. Alors il ne peut pas mourir.

On m'a dit que j'étais fou. Peut-être.

On m'a dit que j'aimais l'inaccessible. Sans doute.

On m'a dit qu'il n'était plus. Jamais!

Dites-moi que je le reverrai.

Que je reverrai son sourire rayonnant.

Que je reverrai ses yeux d'un vert si profond, dans lesquels j'aurai pu me noyer.

Dites-moi qu'il rouvrira les yeux...

Dites-moi que son dernier soupir n'a pas encore franchi ses lèvres si délicates et sensuelles.

J'aurai voulu les goûter, ces lèvres chaudes.

Laissez-moi le temps. Laissez-moi trouver le courage...

Vous me dites que c'est trop tard. Que j'ai gaspillé mon temps, qu'à cause de ma lâcheté, il ne saura jamais.

Mais comment pouvais-je le savoir? Il a pour surnom "le survivant". Il n'était pas sensé mourir.

Pas comme ça.

Il n'a même pas eu le temps de vivre...

Dites-moi que ça ne finira pas comme ça.

On me répond que ça n'a même pas commencé.

Qu'est-ce qu'ils en savent?

Pour moi, ça a commencé depuis bien longtemps.

Depuis que j'ai croisé son regard, depuis que je me suis perdu dans ses yeux.

Ils me disent de me taire. Que c'est indécent.

Ainsi c'est indécent d'aimer? Vous oubliez que sa principale valeur, c'était l'amour?

On me dit que je suis incapable d'aimer. De l'aimer lui.

Je les déteste de dire ça. Ils ne savent rien.

Ils ne savent pas que ma douleur est si forte qu'elle en devient physique.

Ils ne savent pas que je m'accrochait à lui comme à une étoile, pour ne pas tomber dans la boue.

Ils ne savent pas que c'est lui qui m'a sauvé et qu'aujourd'hui je m'en veux d'avoir attendu si longtemps pour lui dire simplement "merci".

Pour lui dire "je t'aime".

Comment je vais faire, sans lui à mes côtés?

Dites-moi, vous qui croyez tout savoir, qui osez imaginer connaître mes sentiments, dites-moi comment je vais vivre?

Sans son sourire?

Sans son parfum?

Sans son regard?

Sans sa présence si rassurante à chacun de mes pas?

Je ne peux pas.

On me dit que le rejoindre n'est pas la bonne solution, que ce ne serait pas honorer sa mémoire.

Alors honorer sa mémoire, c'est vivre en souffrant?

Vous croyez qu'il préfèrerait voir quelqu'un souffrir toute sa vie, que de le voir s'en aller?

Vous le pensez comme ça? C'est vous qui n'honorez pas sa mémoire.

Il n'a jamais supporté de voir quelqu'un souffrir. Il aurait lui-même donné la mort à quelqu'un, si ça devait lui apporter la paix.

Mais je vous en prie...

Dites-moi que je n'ai pas besoin de le rejoindre parce qu'il est là.

Dites-moi qu'il vit.

Dites-le moi.

Par pitié.






Indecence

# Posté le dimanche 13 avril 2008 06:56